Irak: 32 morts à Bagdad dans un double attentat revendiqué par Daesh

TERRORISME Deux kamikazes se sont fait exploser sur un marché du centre de Bagdad, jeudi

20 Minutes avec AFP

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Des forces de sécurité irakiennes à Bagdad après un double attentat suicide, le 21 janvier 2021.
Des forces de sécurité irakiennes à Bagdad après un double attentat suicide, le 21 janvier 2021. — Hadi Mizban/AP/SIPA

Trente-deux personnes ont été tuées jeudi par deux kamikazes de Daesh qui se sont fait exploser sur un marché du centre de Bagdad, l’attaque la plus meurtrière depuis plus de trois ans dans la capitale irakienne.

Un premier homme a déclenché sa ceinture explosive au beau milieu de vendeurs et de badauds sur le marché de vêtements d’occasion de la place Tayaran, a expliqué le ministère de l’Intérieur. Alors qu’un attroupement se formait pour tenter de venir en aide aux victimes, un second kamikaze a fait détoner ses explosifs, a-t-il ajouté.

L’attaque a été revendiquée dans la nuit de jeudi à vendredi par Daesh. Outre les 32 morts, le ministre de la Santé, Hassan al-Tamimi, a fait état de 110 blessés dans la métropole de dix millions d’habitants où l’ensemble du personnel médical a été placé en état d’alerte maximale.

Organisation de législatives

Sur la place, carrefour très passant de Bagdad, des flaques de sang étaient visibles, de même que des lambeaux de vêtements déchiquetés par les explosions, a constaté un photographe de l’AFP.

Soldats et ambulanciers étaient déployés en masse sur la place, les premiers bloquant les accès et les seconds s’activant à déplacer des corps ou à aider des blessés, dans un ballet d’ambulances aux sirènes hurlantes.

Un attentat avec exactement le même mode opératoire avait déjà endeuillé cette même place, faisant 31 morts, il y a trois ans quasiment jour pour jour. Comme en 2018, cette attaque intervient alors que les autorités discutent de l’organisation d’un scrutin législatif, une échéance régulièrement accompagnée de violences en Irak.

Le gouvernement avait promis l’élection anticipée d’un nouveau Parlement pour juin. Mais les autorités proposent maintenant de la reporter à octobre, afin de donner plus de temps à la Commission électorale pour organiser ce scrutin.

Réduction de la présence américaine

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Daesh a revendiqué l’attaque, menée selon un mode opératoire déjà utilisé par le passé par le groupe djihadiste qui a occupé près du tiers de l’Irak en 2014 avant que Bagdad ne déclare avoir gagné sa guerre contre les djihadistes fin 2017.

Depuis, des cellules djihadistes se terrent dans les nombreuses zones montagneuses et désertiques du pays. Depuis la « libération » toutefois, le groupe djihadiste n’a revendiqué que des attaques de faible envergure, menées généralement de nuit contre des positions militaires dans des zones isolées, loin des villes.

Les derniers attentats ayant fait plusieurs morts à Bagdad remontent à juin 2019. Cette attaque intervient alors que les Etats-Unis ont réduit le nombre de leurs soldats en Irak à 2.500 hommes, une baisse qui « reflète la hausse des capacités de l’armée irakienne », selon les mots du chef du Pentagone, Christopher Miller.