Mali : Human Rights Watch demande à son tour une enquête sur la frappe aérienne française

INVESTIGATIONS Cette frappe a tué une vingtaine d’habitants lors d’un mariage dans le village de Bounti le 3 janvier

20 Minutes avec AFP

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Un soldat français de la force Barkhane, au Mali le 19 mai 2017.
Un soldat français de la force Barkhane, au Mali le 19 mai 2017. — Christophe Petit Tesson/AP/SIPA

Après une frappe aérienne française dans le centre du Mali qui a coûté la vie à au moins une vingtaine de personnes, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a réclamé une enquête « rapide et impartiale », ce jeudi.

Cette frappe a tué une vingtaine d’habitants lors d’un mariage dans le village de Bount le 3 janvier, selon des villageois et une association peule. Mais les autorités françaises et maliennes maintiennent que les avions de chasse français ont visé et éliminé des dizaines de djihadistes et qu’il n’y avait ni mariage, ni femmes, ni enfants.

Des habitants de Bounti interrogés

Les « graves allégations selon lesquelles des civils auraient été tués dans des frappes aériennes doivent faire l’objet d’une enquête rapide afin de déterminer la légalité des frappes au regard des lois de la guerre », a déclaré Jonathan Pedneault, chercheur auprès de la division crises et conflits à HRW, cité dans un communiqué.

L’ONG précise s’être entretenue avec trois habitants de Bounti, qui ont chacun indiqué qu’un mariage avait eu lieu, et que « les hommes s’étaient réunis séparément des femmes et des enfants en raison des mesures de ségrégation entre les hommes et les femmes imposées par les groupes islamistes armés actifs dans la région ». « Ils ont expliqué que le mariage avait été planifié plus d’un mois auparavant et que des personnes étaient venues d’autres villes et villages pour y assister », dit l’ONG, ajoutant qu'« un mouton avait été abattu et préparé dans le village et les femmes étaient sur le point de livrer le repas lorsque l’attaque a eu lieu ».

Une enquête ouverte par la Mission de l’ONU

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) ont déjà demandé l’ouverture d’une enquête indépendante. La coordinatrice au Mali du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), Amy Martin, a également estimé « important que toute la lumière soit faite sur cet événement ».

Une enquête a déjà été ouverte par la Mission de l’ONU au Mali, la Minusma. Cette frappe a eu lieu dans le cadre d’une opération antidjihadiste menée depuis début janvier dans le centre du Mali par la France, l’armée malienne et la Force conjointe de l’organisation régionale G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad).