Investiture de Joe Biden : Le 46e président américain appelle à l’unité face à l’extrémisme

DISCOURS Joe Biden et Kamala Harris ont prêté serment, mercredi, promettant de panser les plaies de l'Amérique

Philippe Berry

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Joe Biden prête serment sur les marches du Capitole, à Washington, le 20 janvier 2021.
Joe Biden prête serment sur les marches du Capitole, à Washington, le 20 janvier 2021. — Saul Loeb/AP/SIPA

« La démocratie est précieuse, la démocratie est fragile, mais la démocratie a survécu. » Mercredi à midi (18 heures, heure de Paris), Joe Biden a prêté serment sur les marches du Capitole prises d’assaut quinze jours plus tôt par des supporteurs de Donald Trump. Dans un discours grave d’une vingtaine de minutes, le 46e président des Etats-Unis a appelé l’Amérique à « l’unité » face à « l’extrémisme politique, à la suprématie blanche et au terrorisme domestique ». Et il l’a reconnu, dans un pays profondément divisé, « la bataille sera de tout instant ».

Joe Biden l’a rappelé, avec 400.000 morts aux Etats-Unis, le coronavirus « a fauché plus de vies en un an que l’Amérique en a perdu lors de la Second Guerre mondiale. » Et le 6 janvier, « la violence a secoué les fondations du Capitole et de la démocratie. » Pour mettre fin à cette « uncivil war » (guerre incivile), Joe Biden n’a pas de recette magique. Il a répété son appel à l’unité à 12 reprises, mais est conscient qu’il faudra « plus que des mots ».

« Les Etats-Unis sont de retour »

Il l’a promis, il sera « le président de tous les Américains », et a appelé chacun à faire preuve d’empathie et de tolérance. Le discours de ce fervent catholique, qui a prêté serment sur une épaisse bible familiale du 19e siècle, a parfois pris des allures de prêche, notamment quand il a évoqué Saint-Augustin et qu’il a promis d’être « guidé par [sa] foi ». Il a globalement été bien accueilli, surtout par ceux pressés de tourner la page Trump comme Mitt Romney.

Dans le monde entier, de nombreux leaders ont envoyé leurs félicitations : « Les Etats-Unis sont de retour, et l’Europe est prête », a écrit Ursula von de Leyen. Emmanuel Macron, lui, a salué le retour des Etats-Unis au sein de l’accord de Paris, que Joe Biden doit officialiser par l’un de ses premiers décrets.

Kamala Harris, première vice-présidente

Quelques minutes avant lui, c’est Kamala Harris qui a prêté serment face à Sonia Sotomayor, la première juge hispanique de la Cour suprême. « Nous avons la première femme vice-présidente, ne me dites pas que rien ne peut changer », s’est félicité Joe Biden. Un changement aussi symbolisé par Amanda Gorman, plus jeune poétesse d’une investiture, qui s’est émerveillée d’être « une fille noire descendante de l’esclavage qui peut aujourd’hui rêver de devenir présidente ».

Aux côtés de Barack Obama, George Bush et Bill Clinton, Joe Biden a ensuite déposé une gerbe sur la tombe des soldats inconnus, au cimetière d’Arlington. Le grand absent était Donald Trump, reparti en Floride. Certains ne changeront jamais.