Sahel : Emmanuel Macron confirme que la France va « ajuster son effort » militaire

ARMEE Lors de ses vœux aux armées à Brest, le chef de l’Etat a dit compter sur les renforts militaires européens

20 Minutes avec AFP

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Des militaires de l’opération Barkhane, à Gossi dans le nord du Mali le 21 avril 2019.
Des militaires de l’opération Barkhane, à Gossi dans le nord du Mali le 21 avril 2019. — Laurence Geai

L’année 2021 va marquer un tournant dans la stratégie militaire française en Afrique de l’Ouest. La France s’apprête en effet à revoir l’effectif de ses 5.100 militaires au Sahel, où est déployée la force antidjihadiste Barkhane, a annoncé mardi Emmanuel Macron lors de ses vœux aux armées à Brest.

« Les résultats obtenus par nos forces au Sahel, conjugués à l’intervention plus importante de nos partenaires européens, vont nous permettre d’ajuster notre effort » militaire dans la région, a déclaré le chef de l’Etat, sans précision de volume ou de calendrier. Il confirme ainsi son intention de réduire la voilure dans la zone, où la France mène depuis 2013 sa plus grosse opération extérieure.

Des renforts « temporaires »

En janvier 2020, au sommet de Pau, le président français et ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) avaient décidé d’intensifier la lutte antidjihadiste pour enrayer une spirale de violences. Emmanuel Macron avait alors envoyé 600 hommes en renfort dans cette région grande comme l’Europe. « Les renforts temporaires que j’ai décidé de déployer ont permis à la force Barkhane de mettre en grande difficulté des groupes terroristes qui se retrouvent acculés, réduits à des procédés lâches, qui ont atteint nos forces », endeuillées par la récente mort de 5 soldats français au Mali, « mais qui, je le rappelle, frappent d’abord et surtout les civils, sans discrimination ».

Pour alléger sa présence, la France mise beaucoup sur le déploiement d’unités d’élite européennes au sein de la nouvelle force Takuba, chargée d’accompagner l’armée malienne au combat. Créé à l’initiative de Paris, ce groupement de forces spéciales qui rassemble aujourd’hui Français, Estoniens et Tchèques, est le « signe d’une prise de conscience grandissante des enjeux sahéliens qui sont cruciaux pour toute l’Europe », a fait valoir Emmanuel Macron. La France doit officialiser cette première vague de retrait à l’occasion d’un prochain sommet avec les pays du G5 Sahel, en février à N'Djamena au Tchad.

L’opinion ne soutient plus l’opération

Au-delà du rappel des 600 renforts envoyés en janvier 2020, l’Elysée est tenté de réduire plus nettement encore les effectifs de Barkhane d’ici l’élection présidentielle de 2022. L’impatience monte en effet en France face à cet engagement long et coûteux, qui a vu 50 militaires perdre la vie et peine à être suivi d’effets politiques sur le terrain. Selon un sondage publié début janvier, la moitié des Français (51 %) ne soutiennent plus cette intervention au Mali.