Nucléaire : Pour Jean-Yves Le Drian, il faut « dire à l’Iran que cela suffit »

FERMETE La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont également demandé à l’Iran de renoncer à la production d’uranium métal

20 Minutes avec AFP

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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. — Damjan Tadic / CROPIX/SIPA

Jean-Yves Le Drian veut être ferme sur le dossier du nucléaire iranien. Pour cela, il va même jusqu’à utiliser un ton direct et donc peu diplomatique, plutôt inhabituel pour un ministre des Affaires étrangères. Dans une interview au Journal du Dimanche, il estime en effet que l’Iran est en train d’acquérir l’arme nucléaire et « il est urgent de dire que cela suffit ».

Nouvelle donne avec Biden

Jean-Yves Le Drian plaide donc pour un retour des Etats-Unis dans l’accord de Vienne de 2015 dès l’entrée en fonction de Joe Biden. « L’Iran -je le dis clairement, est en train de se doter de la capacité nucléaire », estime Jean-Yves Le Drian. « Il y a également une élection présidentielle en Iran à la mi-juin. Il est donc urgent de dire aux Iraniens que cela suffit et de prendre les dispositions pour que l’Iran et les Etats-Unis reviennent dans l’Accord de Vienne ».

Cet accord prévoit une levée partielle des sanctions internationales contre l’Iran, en échange de mesures destinées à garantir que ce pays ne se dotera pas de l’arme atomique. Mais Donald Trump en était sorti unilatéralement en 2018. « En sortant de cet accord, l’administration Trump a choisi la stratégie qu’il a appelée de la pression maximale contre l’Iran. Le résultat, c’est que cette stratégie n’a fait que renforcer le risque et la menace. Il faut donc enrayer cette mécanique », estime le chef de la diplomatie française.

« Il y a urgence »

Toutefois, « cela ne suffira pas ». « Il faudra des discussions difficiles sur la prolifération balistique et les déstabilisations par l’Iran de ses voisins dans la région. Je suis tenu par le secret sur le calendrier de ce genre de dossier, mais il y a urgence », selon le ministre.

L’Iran avait indiqué mercredi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avancer dans sa production d’uranium métal pour servir de carburant à un réacteur. Le sujet est sensible car l’uranium métal peut être utilisé comme composant pour des armes nucléaires et l’accord de 2015 comporte une interdiction de 15 ans sur « la production ou l’acquisition de métaux de plutonium ou d’uranium ou leurs alliages ». Samedi, dans un communiqué commun, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont demandé à l’Iran de renoncer à la production d’uranium métal.