Le célèbre mont K2 vaincu en mode « hiver », une première

VERTIGINEUX Le K2, le deuxième plus haut sommet du monde, culmine à 8.611 m

20 Minutes avec AFP

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Le Mont K2, le deuxième plus haut sommet du monde.
Le Mont K2, le deuxième plus haut sommet du monde. — SIPA

La pandémie de coronavirus ne bloque pas tout le monde à la maison. En tout cas pas l’équipe d' alpinistesnépalais qui vient de réussir l’exploit de gravir le K2, le deuxième plus haut sommet de la planète (8.611 m), en mode « hivernal ». Il s’agissait du seul « 8.000 » de la planète qui n’avait encore jamais été vaincu en ascension hivernale, a annoncé la compagnie népalaise Seven Summit Treks.

L’exploit a été annoncé sur son compte Twitter. « Nous l’avons fait ! La « montagne sauvage » du Karakoram a été gravie lors de la plus dangereuse des saisons : en hiver. Des alpinistes népalais ont finalement atteint le sommet du K2 cet après-midi à 17h locales (12hGMT) », peut-on ainsi lire.

Un exploit pour le Népal

Les dix Népalais avaient prévu de se rassembler juste sous le sommet du K2, situé dans le massif du Karakoram et réputé comme l’une des montagnes les plus dangereuses au monde, pour gravir ensemble les derniers mètres et y planter le drapeau de leur pays.

« Nous sommes fiers d’avoir pris part à l’histoire de l’humanité et de montrer que collaboration, travail d’équipe et une attitude mentale positive permettent de repousser les limites de ce que nous pensons être possible », a déclaré sur son compte Instagram Nirmal Purja, qui faisait partie de l’expédition. Cet ancien soldat des forces spéciales britanniques, qui avait gravi en 2019 les quatorze « 8.000 », avec oxygène, en six mois et six jours, était le leader de cette équipe avec Mingma Gyalje Sherpa, une autre star de l’alpinisme népalais.

Connus depuis des décennies pour leur aptitude à la haute montagne, les Népalais n’avaient encore jamais placé le moindre grimpeur sur une première ascension hivernale d’un sommet de plus de 8.000 m, une spécialité longtemps restée la chasse gardée des Polonais.

Une poignée d’expéditions avaient auparavant tenté l’ascension hivernale, depuis la première tentative en 1987-1988. Mais personne n’était encore monté au-dessus de 7.650 m. Toutes s’étaient brisées sur les conditions extrêmes du K2, surnommé la « montagne sauvage ».

Jusqu’à – 60 °C au sommet

Le K2 est soumis en hiver à un vent très violent pouvant atteindre les 200 km/h. Les températures peuvent descendre jusqu’à – 60 °C sur les parties sommitales. En raison de son emplacement géographique – il est le plus au Nord de tous les « 8.000 » –, la pression atmosphérique y est aussi plus basse et l’air plus rare.

L’hiver est plus rude dans le Karakoram qu’en Himalaya. Ce qui explique que la plupart des sommets népalais de plus de 8.000 m ont été vaincus en hiver dès les années 1980, alors que les quatre autres situés au Pakistan – outre le K2 – l’ont été dans les années 2010. Cette année, pas moins de quatre équipes différentes et une soixantaine de grimpeurs étaient présents sur le K2, soit plus au total que toutes les expéditions précédentes rassemblées.

Les risques encourus sont multiples sur le K2, où plus 80 personnes ont trouvé la mort, contre près de 450 qui en ont réussi l’ascension. L’Espagnol Sergi Mingote a ainsi chuté samedi en redescendant vers le camp de base et s’est blessé à une jambe, selon son équipe.