Mali : L'Onu annonce la mort d'un Casque bleu, tué par une mine artisanale

CONFLIT C'est le cinquième Casque bleu tué en trois jours au Mali. Sa nationalité n’a pas été dévoilée dans l’immédiat

20 Minutes avec AFP

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Un Casque bleu de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma)à Kidal, le 27 juillet 2013
Un Casque bleu de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma)à Kidal, le 27 juillet 2013 — Kenzo Tribouillard AFP

La mission de l’ONU au Mali ( Minusma) a annoncé ce vendredi la mort d’un de ses soldats suite à l’explosion d’une mine artisanale au passage d’un convoi dans le nord du pays, devenant le cinquième Casque bleu tué en trois jours au Mali.

« Suite à l’explosion, deux Casques bleus ont été grièvement blessés » et « l’un d’eux a malheureusement succombé à ses blessures durant son évacuation médicale », écrit la Minusma dans un communiqué reçu vendredi soir.

L’explosion a eu lieu « vers 15 heures » « aux environs de Tessalit, dans la région de Kidal », précise la Minusma. La nationalité du soldat tué n’a pas été dévoilée dans l’immédiat. « Lors de la sécurisation du site, un autre engin explosif a été détecté puis neutralisé à proximité du site de l’explosion », ajoute le communiqué.

146 morts depuis 2013

C’est le cinquième Casque bleu tué en trois jours au Mali : mercredi, un convoi de l’ONU entre Douentza (centre) et Tombouctou (nord-ouest) avait heurté un ou plusieurs engins explosifs avant d’être pris pour cible par des tirs. Quatre Casques bleus ivoiriens étaient décédés.

La Mission de l’ONU au Mali a perdu 146 de ses membres en raison d’actes hostiles depuis son déploiement en 2013 ; c’est la mission la plus meurtrière de l’ONU dans le monde.

Parmi ces 146 membres tués dans les hostilités, 60 l’ont été pendant ou suite à l’explosion d’engins explosifs, l’un des modes opératoires parmi les plus utilisés au Sahel par les groupes djihadistes, pour certains affiliés à Al-Qaïda et pour d’autres à l’organisation Etat islamique.

Pas de revendication pour l'instant

Le secteur de Tessalit où a eu lieu l’explosion vendredi, comme celui de Douentza mercredi, sont des zones d’action du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, Jnim en arabe), affilié à Al-Qaïda.

Aucune revendication pour ces deux attaques n’avait été faite vendredi soir. Le GSIM a néanmoins revendiqué jeudi l’activation d’engins explosifs improvisés qui ont causé la mort de cinq soldats de la force antijihadiste française Barkhane le 28 décembre et le 2 janvier au Mali.

Le 9 janvier, dans une opération dans le centre du Mali dans la zone de Boulikessi, « zone de prédation du GSIM » selon l’état-major français vendredi, Barkhane a tué une quinzaine de djihadistes.

Situation très précaire au Mali

Depuis le début de l’année, soldats maliens et français sont engagés dans une opération conjointe dans le centre du pays. Une frappe aérienne opérée durant cette opération a créé la polémique, des villageois affirmant qu’elle a touché un mariage et fait vingt morts tandis que Paris et Bamako martèlent que seuls des djihadistes ont été tués.

La situation au Mali reste très précaire, comme l’a relevé dans son dernier rapport le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, se disant préoccupé par la dégradation de la situation sécuritaire.

Son représentant spécial et chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, a condamné vendredi avec fermeté des « actes ayant pour but de paralyser les opérations de la Minusma sur le terrain et de toucher indistinctement le personnel des Nations Unies, de ses partenaires, ou des civils innocents ».