Pays-Bas : Le gouvernement libéral de Mark Rutte démissionne sur fond de scandale administratif

CHUTE Des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude aux allocations et ont du rembourser parfois plusieurs milliers d’euros

20 Minutes avec AFP

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Mark Rutte, le chef de gouvernement libéral des Pays-Bas, démissionnaire. (archives)
Mark Rutte, le chef de gouvernement libéral des Pays-Bas, démissionnaire. (archives) — ROBIN UTRECHT/ACTION PRES/SIPA

Les médias néerlandais ont rapporté ce vendredi la démission du gouvernement du Premier ministre Mark Rutte en raison d’un vaste scandale dans lequel des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude. Le dirigeant libéral doit annoncer la nouvelle lors d’une conférence de presse à 14h15, qui intervient à seulement deux mois des élections législatives et en pleine crise sanitaire.

Des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude aux allocations familiales, avant d’être contraintes à les rembourser, ce qui a plongé une partie d’entre elles dans de graves problèmes financiers. Nombre d’entre elles ont en outre fait l’objet d’un profilage ethnique sur la base de leur double nationalité. Les quatre partis du centre et de la droite au pouvoir s’étaient réunis plus tôt pour discuter d’une éventuelle démission, alors que Mark Rutte, Premier ministre depuis 2010 et l’un des dirigeants européens depuis le plus longtemps en poste, avait précédemment annoncé qu’il briguerait un quatrième mandat.

Un rapport accablant

Un rapport d’enquête parlementaire publié en décembre a établi que des fonctionnaires ont mis fin aux allocations de milliers de familles accusées à tort de fraude entre 2013 et 2019, avant de les contraindre à restituer de façon rétroactive celles perçues sur plusieurs années, soit dans certains cas des dizaines de milliers d’euros. De hauts responsables politiques, dont plusieurs ministres en fonction, sont accusés d’avoir préféré fermer les yeux sur des dysfonctionnements dont ils avaient connaissance.

L’affaire survient deux mois avant des élections législatives, prévues le 17 mars, et en pleine crise sanitaire, les Pays-Bas connaissant les restrictions les plus sévères imposées depuis le début de la pandémie de Covid-19. Le système politique néerlandais permet l’existence d’un « gouvernement démissionnaire », qui peut s’occuper des affaires en cours dans l’attente de la formation d’un nouveau gouvernement ou de la tenue d’élections.

L’opposition travailliste aussi touchée

La pression sur le gouvernement s’est amplifiée jeudi avec la démission du chef du Parti travailliste néerlandais (PvdA) d’opposition, Lodewijk Asscher, ministre des Affaires sociales de 2012 à 2017, sous la précédente coalition gouvernementale de Mark Rutte. L’avocat de victimes Vasco Groeneveld a déposé mardi une plainte à l’encontre de trois ministres en poste et deux anciens ministres, dont Lodewijk Asscher. Plusieurs parents concernés sur les 26.000 ont mis en ligne lundi une vidéo dans laquelle ils appelaient le gouvernement à démissionner.

Mark Rutte a dirigé trois gouvernements de coalition depuis 2010. En 2017, son parti était arrivé premier devant celui du député d’extrême droite Geert Wilders. Selon de récents sondages, le parti libéral-conservateur (VVD) de Mark Rutte pourrait être de nouveau le premier parti à l’issue des législatives, l’opinion publique soutenant toujours largement sa gestion de la pandémie.