Elections irakiennes sous haute surveillance

MONDE Un test pour la popularité du Premier ministre, mais aussi pour la capacité des forces de l'ordre à tenir le pays...

Julien Ménielle avec agence

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Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki est arrivé mercredi en Turquie pour une nouvelle visite axée sur la lutte contre les rebelles kurdes turcs retranchés dans le nord de l'Irak.
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki est arrivé mercredi en Turquie pour une nouvelle visite axée sur la lutte contre les rebelles kurdes turcs retranchés dans le nord de l'Irak. — Sabah Arar AFP/Archives

Quelque 15 millions d'électeurs irakiens sont appelés à se rendre aux urnes ce samedi pour les premières élections depuis plus de trois ans en Irak. 20minutes.fr fait le point sur les enjeux et les risques.

Quel est l'objet de ces élections?
Les électeurs doivent renouveler les conseils provinciaux, qui nomment les gouverneurs de province. Ces derniers gèrent l'administration locale, lancent et financent les projets de reconstruction. Les forces de sécurité, elles, restent sous le contrôle de Bagdad.

Qui est candidat?
Au total, 14.431 candidats se disputent 440 sièges dans 14 des 18 provinces d'Irak, au scrutin proportionnel à un tour. Les électeurs ont le choix entre différentes listes, mais peuvent aussi voter s'ils le souhaitent pour un candidat en particulier de la liste choisie. La loi électorale prévoit que les listes en compétition doivent présenter au moins 25% de femmes. De fait, 3.912 femmes sont en lice, soit 27,12% des candidats. Des quotas ont également été instaurés pour les minorités.

Quel est l'enjeu?
Ces élections seront un véritable test de popularité pour le Premier ministre Nouri al-Maliki, dirigeant du petit parti religieux chiite Dawa. Il n' a donc pas ménagé ses efforts pour être sûr d'obtenir un bon résultat. Se présentant comme le sauveur du pays, il a focalisé la campagne sur sa propre personne, a multiplié les déplacements dans les provinces chiites et n'a pas hésité à abuser de la télévision d'Etat.

Quel climat entoure l'événement?
Trois candidats et deux membres de la commission électorale ont été assassinés jeudi, à quelques heures de la fin d'une campagne marquée par la corruption. Les hommes politiques sont des cibles privilégiées d'attentats menés par Al-Qaïda et les insurgés irakiens. Les mesures de sécurité ont donc été renforcées vendredi à Bagdad, Mossoul et Diyala, les régions les plus dangereuses d'Irak, où ont eu lieu les meurtres. Des restrictions de circulation et des couvre-feux nocturnes ont été instaurés. Ce samedi matin, quatre grenades assourdissantes ont explosé près de bureaux de vote à Tikrit, l'ancien bastion du dictateur Saddam Hussein, à 180 km au nord de Bagdad, a indiqué à l'AFP une source policière.

Et après?
L'armée américaine se retirera des villes cet été et quittera le pays au plus tard fin 2011, selon l'accord signé en novembre entre Bagdad et Washington. Robert Gibbs, porte-parole de Barack Obama, a d'ailleurs prévenu que «le président observera les résultats et pense que les élections provinciales de ce week-end marquent une nouvelle étape importante dans l'évolution démocratique de l'Irak». Les centaines de milliers de policiers et de militaires irakiens qui assureront seuls la protection des 6.500 bureaux de vote devront donc démontrer qu'ils peuvent se passer d'eux.