RDC : Six morts et 19 disparus lors du naufrage d’une péniche sur le fleuve Congo

ACCIDENT Une enquête a été ouverte par le procureur de la République

20 Minutes avec agences

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Le fleuve Congo
Le fleuve Congo — PAMELA TULIZO / AFP

Les familles accompagnées des pêcheurs venus offrir leur aide se pressaient ce mardi au bord du fleuve Congo après le naufrage d’une péniche qui a fait six morts et 19 disparus dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Les faits se sont déroulés en fin de semaine dernière.

« Une baleinière (péniche) qui quittait Kisangani pour Basoko a fait naufrage vendredi soir. Nous comptons aujourd’hui six corps repêchés, 237 rescapés et 19 disparus », a déclaré le vice-gouverneur de la province de la Tshopo, dont Kisangani est la capitale. « Le procureur de la République a ouvert une enquête », a-t-il ajouté, faisant état d’arrestations à la suite de l’accident, dû selon lui à « la surcharge et la vétusté de l’embarcation ».

Seul moyen de transport

Depuis des années, le fleuve est le principal moyen de transport entre Kisangani et Basoko, à 270 km de là. La route, réduite à l’état de piste, n’est aujourd’hui utilisée que par moto ou vélo. Les habitants empruntent donc des péniches moyennant 15.000 francs congolais (environ 7 euros) par passager.

« En descendant dans les eaux, nous ne sommes pas trop sûrs qu’on va nous payer pour le service rendu, mais on n’a pas de choix », a confié un pêcheur venu participer aux recherches, un peu agacé. « Nous sommes un peu obligés de le faire, c’est notre façon d’aider ces familles éplorées ». Des sacs de ciment, des cartons de biscuits ou de savon mouillés étaient abandonnés sur le rivage tout comme des planches de l’épave de la péniche, dont une partie était toujours visible dans le fleuve.

Le port du gilet n’est pas respecté

Pays de 2,3 millions de km2, la RDC compte très peu de routes praticables, les déplacements se font souvent sur le fleuve Congo et ses affluents ainsi que les lacs. Des naufrages se produisent régulièrement sur les eaux congolaises, le plus souvent avec de lourds bilans humains et matériels.

Ces drames sont provoqués par la vétusté des embarcations, leur surcharge, le défaut de port de gilets de sauvetage par les passagers, dont la plupart ne savent pas nager, mais aussi par le non-respect du tonnage autorisé par le fret et l’absence de balisage. En avril 2019, le président Félix Tshisekedi avait pourtant annoncé l’obligation du port de gilets de sauvetage par les passagers après un naufrage sur le lac Kivu qui avait endeuillé 142 familles, d’après le chef de l’État. Mais cette mesure n’est pas appliquée.