Violences à Washington : Les chefs d’Etat-major rappellent aux militaires que leur devoir est de protéger la constitution

MEMO Quelques jours après l’insurrection du Capitole, les chefs des différentes armées américaines ont pris l’initiative d’envoyer un message aux militaires américains

Rachel Garrat-Valcarcel
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Donald Trump à l'académie militaire de West Point. (archives)
Donald Trump à l'académie militaire de West Point. (archives) — AFP

On en est donc là. Quelques jours après l’émeute du Capitole, le 6 janvier, qui a fait craindre les prémisses d’un coup d’Etat, les différents chefs d’Etat-major de l’armée américaine ont cru bon de s’exprimer auprès de leurs troupes. Dans une lettre envoyée aux militaires américains, relayée par CBS, ils rappellent que l’armée est là pour défendre la constitution des Etats-Unis. Et que le prochain président des Etats-Unis, dont le mandat commence le 20 janvier, sera bien Joe Biden, au cas où certains ou certaines auraient des doutes.

« Le peuple américain a fait confiance aux forces armées des États-Unis pour le protéger ainsi que notre Constitution pendant près de 250 ans. Comme nous l’avons fait tout au long de notre histoire, l’armée américaine obéira aux ordres légaux des dirigeants civils (…) conformément à la loi et restera pleinement engagée à protéger et à défendre la Constitution des États-Unis contre tous les ennemis, étrangers et nationaux. »

Une prise de parole rare sur une question non-militaire

Aussi, ces chefs des différentes armées américaines condamnent les violences qui ont eu lieu autour et dans le bâtiment du Capitole, qui accueille les deux chambres du parlement des Etats-Unis. « Nous avons été témoins d’actions à l’intérieur du bâtiment du Capitole qui étaient incompatibles avec l’Etat de droit. Les droits à la liberté d’expression et de réunion ne donnent à personne le droit de recourir à la violence, à la sédition et à l’insurrection. »

La lettre a été signée par le général Mark Milley, coordinateur de la cellule interarmées ; le général John Hyten, son « vice-coordinateur » ; le général James McConville, chef d’état-major de l’armée ; le général David Berger, commandant des Marines ; l’amiral Michael Gilday, chef des opérations navales ; le général Charles Brown, chef d’Etat-major de l’armée de l’air ; le général John Raymond, chef des opérations spatiales ; et le général Daniel Hokanson, chef de la Garde nationale.

CBS rappelle que les généraux en exercice ne prennent jamais parti dans les débats politiques. Et, dans l’absolu, ce n’est pas non plus le cas ici. Mais le fait qu’ils aient ressenti le besoin de faire ce rappel constitutionnel auprès de leurs soldats, en quelque sorte, est déjà un évènement en soi.