Violences à Washington : Donald Trump rejette toute responsabilité et défend son discours

ETATS-UNIS Le président américain a critiqué le projet d'impeachment le visant, mardi, estimant que cela risquait de diviser davantage le pays

P.B.

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Donald Trump le 12 janvier 2021
Donald Trump le 12 janvier 2021 — Alex Brandon/AP/SIPA

C’est sa première apparition publique depuis l’attaque contre le Capitole. En partance pour le Texas, mardi, Donald Trump a rejeté toute responsabilité personnelle dans les violences de la semaine dernière, estimant que le discours dans lequel il encourageait ses partisans à marcher vers le Congrès était « absolument convenable ». Le président américain a également dénoncé son éjection de Twitter et la nouvelle procédure d’impeachment le visant, jugeant que ces décisions provoquaient « une immense colère », à une semaine de l’investiture de Joe Biden.

« C’est la poursuite de la plus grande chasse aux sorcières de l’Histoire (…) Cela provoque une immense colère », a déclaré le président américain avant de rejoindre la base Andrews. Suspendu par Facebook et banni par Twitter, Donald Trump estime que les réseaux sociaux font là une « erreur catastrophique ».

Pas de responsabilité personnelle

Le président américain a répété qu’il ne « voulait pas de violence » et il a rejeté toute responsabilité personnelle. Mercredi dernier, alors que les élus américains se réunissaient au Congrès pour valider les résultats de la présidentielle, Donald Trump s’est adressé à des milliers de supporteurs à Washington, leur lançant : « Après ça, on va marcher, et je serai à vos côtés, au Capitole […] Vous ne reprendrez jamais notre pays avec de la faiblesse. Il faut montrer de la force ».

Moins de deux heures plus tard, des milliers d’émeutiers ont pris d’assaut le Capitole de Washington, scandant notamment « Pendons Mike Pence ». Au total, cinq personnes sont décédées dans les violences, dont un policier frappé à coups d’extincteur, et plus de 100 personnes ont été interpellées. Mais le président américain assure que son discours a été « analysé dans les moindres détails » et qu’il était « totally appropriate » («absolument convenable »).

Visé par une seconde procédure d’impeachment

Donald Trump a critiqué la seconde procédure d’impeachment lancée à son encontre par les élus démocrates. Selon lui, ils prennent le risque de « diviser le pays ». La Chambre des représentants a présenté, lundi, une mise en accusation pour « incitation à l’insurrection ». Un vote express est attendu mercredi, et Donald Trump pourrait devenir le premier président de l’histoire impeaché à deux reprises. Reste à voir si un nouveau procès est organisé au Sénat, avant ou après le 20 janvier.

Pour destituer un président, une majorité de 67 sénateurs sur 100 est nécessaire, et les démocrates ne semblent pas, à l’heure actuelle, avoir le soutien de 17 républicains. Si cela changeait et que Donald Trump était condamné par le Sénat, un second vote – celui-là à la simple majorité – pourrait le rendre inéligible et ainsi l’empêcher de se représenter en 2024.