Vaccination : AstraZeneca a déposé une demande d'autorisation de son vaccin en Europe

PANDEMIE La décision pourrait être rendue le 29 janvier, a déclaré l’Agence européenne du médicament

20 Minutes avec AFP

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Une infirmière partage le vaccin AstraZeneca, au Royaume-Uni.
Une infirmière partage le vaccin AstraZeneca, au Royaume-Uni. — AFP

Un troisième vaccin pour l’Europe ? Après Pfizer et Moderna, c’est au tour d’AstraZeneca de tenter sa chance. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé ce mardi avoir reçu une demande d’autorisation de la multinationale britannique pour son vaccin.

« L’EMA a reçu une demande d’autorisation pour une mise sur le marché conditionnelle du vaccin contre le Covid-19 développé par AstraZeneca et l’université d’Oxford », a indiqué l’agence européenne basée à Amsterdam, dans un communiqué. L’agence a précisé qu’elle procéderait à un examen accéléré, avec une décision qui pourrait être rendue le 29 janvier, si les données communiquées sont suffisamment « robustes et complètes ».

Moins cher et plus facile à transporter

L’Union européenne et l’EMA sont sous pression pour accélérer l’approbation de nouveaux vaccins contre le virus, qui a déjà fait plus de 620.000 victimes à travers le continent. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a salué comme une « bonne nouvelle » le dépôt de la demande pour le vaccin AstraZeneca/Oxford.

« Une fois que le vaccin aura reçu un avis scientifique positif nous travaillerons le plus vite possible pour autoriser son utilisation en Europe », a-t-elle affirmé sur Twitter. Le vaccin AstraZeneca/Oxford est moins cher à produire que celui de ses rivaux. Il est également plus facile à stocker et transporter, en particulier que celui de Pfizer/BioNTech qui doit être conservé à de très basses températures (-70 °C).

Une demi-dose

Le vaccin Oxford/AstraZeneca est un vaccin « à vecteur viral » qui prend comme support un autre virus (un adénovirus de chimpanzé) transformé et adapté pour combattre le Covid-19. Il a toutefois fait l’objet de critiques du fait d’une confusion dans des résultats intermédiaires d’essais cliniques. Le laboratoire britannique avait ainsi annoncé en novembre que son vaccin était en moyenne efficace à 70 % contre plus de 90 % pour ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna.

L’efficacité du vaccin AstraZeneca/Oxford est de 90 % pour les volontaires qui ont d’abord reçu une demi-dose, puis une dose complète un mois plus tard, mais de seulement 62 % pour un autre groupe qui a pourtant été davantage vacciné avec deux doses complètes à un mois d’écart.

Des garde-fous supplémentaires demandés

L’injection d’une demi-dose était en fait due à une erreur et seul un groupe réduit avait suivi le deuxième protocole, ce qui avait suscité des inquiétudes, poussant l’entreprise à annoncer le 26 novembre la tenue d’une « étude supplémentaire » pour vérifier ces résultats.

« Nous pensons que nous avons trouvé la formule gagnante et comment arriver à une efficacité qui, avec deux doses, est élevée comme celle des autres », a depuis assuré le directeur général d’AstraZeneca, Pascal Soriot. L’EMA avait d’ailleurs demandé des informations supplémentaires liées à la sécurité et à l’efficacité du vaccin. Elles ont été fournies, a-t-elle précisé mardi, et elles sont en train d’être examinées.