ONU : Antonio Guterres candidat à un second mandat comme secrétaire général

REMPILER Son mandat actuel de quatre ans s’achèvera fin décembre

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'une visite en Allemagne, à Berlin le 17 décembre 2020.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'une visite en Allemagne, à Berlin le 17 décembre 2020. — Michael Sohn/AP/SIPA

Antonio Guterres veut poursuivre sa mission. Agé de 71 ans, il a affirmé à la présidence de l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité qu’il était « disponible pour un second mandat comme secrétaire général des Nations unies », a déclaré lundi son porte-parole, Stéphane Dujarricle.

Le mandat actuel de l’ancien Premier ministre portugais s’achève fin décembre. Il revient maintenant à l’Assemblée générale de l’ONU de confirmer formellement dans l’année sa prolongation pour un nouveau et dernier mandat de cinq ans allant de 2022 à 2026.

Le soutien des cinq membres permanents

A ce stade, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni), prévenus dès vendredi lors d’un déjeuner et dont le feu vert est crucial pour un nouveau mandat, le soutiennent, ont indiqué des diplomates. Lors d’un entretien, le Premier ministre britannique Boris Johnson l’a même « chaleureusement félicité » pour sa décision, en saluant « le succès de son premier mandat », selon un communiqué de Downing Street.

Il fait « un travail fantastique » et « ce serait une erreur de le remplacer juste pour des raisons symboliques », à savoir nommer une femme pour la première fois de l’histoire de l’ONU, indique sous couvert d’anonymat un ambassadeur d’un pays membre du Conseil de sécurité. « Il est très réfléchi dans son analyse » et « dans la manière dont il plaide pour de nouvelles solutions aux nouveaux problèmes, le changement climatique, l’inégalité socio-économique croissante, l’égalité des sexes », estime ce diplomate.

Adepte de la diplomatie des coulisses

Avec un solide parcours onusien comme Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (2005-2015), Antonio Guterres, adepte de la diplomatie des coulisses, ne présente cependant pas comme secrétaire général de bilan fructueux dans la résolution des conflits depuis son entrée en fonctions en 2017. Il n’a pu par exemple empêcher un génocide en Birmanie, et la Syrie ainsi que le Yémen sont toujours déchirés par la guerre.

Loué par nombre d’Etats, son image pâtit en outre de critiques de diplomates et d’ONG qui le trouvent trop frileux sur la défense des droits humains. Lui s’en défend, assurant aborder le sujet lors de réunions internationales davantage que certains dirigeants dits démocrates.

La priorité des questions climatiques

A la mi-2019, il a par ailleurs opéré un tournant dans ses priorités en se voulant à la pointe du combat contre le réchauffement climatique. « Je ne prétends pas régenter le monde » mais « mon objectif principal est de faire le plus de bruit possible » contre les dérives climatiques, explique-t-il alors. Pour cela, il s’est rendu dans le Pacifique voir des îles menacées d’être englouties par la montée des eaux ou aux Bahamas se retrouver au milieu de ruines provoquées par un ouragan.