L’administration Trump remet Cuba sur la liste des « Etats soutenant le terrorisme »

DIPLOMATIE Cuba dénonce l'« opportunisme politique » de ces nouvelles sanctions américaines, une « qualification cynique et hypocrite »

20 Minutes avec AFP

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Vue d'une rue colorée typique de Cuba
Vue d'une rue colorée typique de Cuba — Libre de droit

Une nouvelle patate chaude pour son successeur. L’administration de Donald Trump a annoncé lundi, à neuf jours de la fin de son mandat, qu’elle avait inscrit à nouveau Cuba dans la liste noire américaine des « Etats soutenant le terrorisme », dont l’île avait été retirée en 2015 par Barack Obama.

« Avec cette mesure, nous allons à nouveau tenir le gouvernement de Cuba pour responsable et envoyer un message clair : le régime Castro doit mettre fin à son soutien au terrorisme international et à la subversion de la justice américaine », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un communiqué en évoquant les anciens dirigeants cubains Fidel et Raul Castro.

Il accuse Cuba, pour justifier cette sanction, d’avoir « apporté son soutien de manière répétée à des actes de terrorisme international en donnant refuge à des terroristes ».

Réaction outrée à La Havane

En retour, Cuba dénonce l'« opportunisme politique » de l’administration Trump, par la voix de son ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. « Nous condamnons la qualification cynique et hypocrite de Cuba comme Etat soutenant le terrorisme, annoncée par les Etats-Unis. L’opportunisme politique de cette action est reconnu par tous ceux qui se soucient avec honnêteté du fléau du terrorisme et de ses victimes », a réagi le chef de la diplomatie cubaine sur Twitter.

Cette décision de dernière minute risque de rendre plus difficile toute volonté du président élu Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, de renouer avec La Havane. Après le rapprochement spectaculaire sous l’administration Obama, l’administration Trump n’a fait que durcir ses positions à l’égard du pouvoir communiste.

Cuba rejoint sur la liste noire des Etats soutenant le terrorisme l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie. Le Soudan vient d’en être retiré par Donald Trump.

Un retrait de la liste fastidieux

La Havane avait de son côté quitté la liste en 2015, lors du rapprochement spectaculaire opéré par l’ancien président démocrate Barack Obama, dont Joe Biden était le vice-président. La même année, les deux pays ennemis avaient rétabli leurs relations diplomatiques pour tenter de tourner la page de la Guerre froide.

S’il souhaite annuler la sanction de lundi, Joe Biden devra attendre et se plier à un processus juridique complexe et souvent long : le département d’Etat devra engager une analyse formelle afin de pouvoir déclarer que le pays n’a pas eu de liens terroristes au cours des six derniers mois.

Mike Pompeo, un faucon et pilier du trumpisme, semble vouloir profiter de ses derniers jours à la tête de la diplomatie américaine pour enfoncer jusqu’au bout le clou contre les principales bêtes noires des conservateurs américains, comme Cuba, l’Iran ou la Chine, en multipliant les sanctions.