Les Etats-Unis, « plus grand ennemi » de la Corée du Nord, assure Kim Jong-un

HAINE Lors de la réunion du Parti des travailleurs, le dirigeant nord-coréen a également annoncé que son pays a mené à bien un plan visant à se doter d’un sous-marin nucléaire

20 Minutes avec AFP
— 
Kim Jong-un le 6 janvier 2021, à Pyongyang.
Kim Jong-un le 6 janvier 2021, à Pyongyang. — STR / KCNA VIA KNS / AFP

Voilà Joe Biden​ prévenu : la Corée du Nord n’est pas décidée à enterrer la hache de guerre avec Washington, changement de président ou pas. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a affirmé que les Etats-Unis sont le « plus grand ennemi » de son pays, une déclaration provocatrice à l’adresse de la première puissance mondiale à l’aube du début de mandat du président élu.

Kim Jong-un a également assuré que son pays allait se doter d’un sous-marin nucléaire, a rapporté samedi l’agence officielle KCNA, reçue à Séoul. Sa déclaration intervient moins de deux semaines avant la prise de fonctions de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis et alors que les relations entre Kim et le président sortant Donald Trump ont été tumultueuses.

Pyongyang « devrait se concentrer et se développer en vue de subvertir les Etats-Unis, le plus grand obstacle à notre révolution et notre plus grand ennemi », a-t-il déclaré lors du 8e congrès du parti au pouvoir selon l’agence.

Joe Biden et Kim Jong-un, une haine bien ancrée

Après avoir échangé insultes et menaces de guerre nucléaire, Kim Jong-un et le président américain Donald Trump ont opéré un extraordinaire rapprochement, marqué par des rencontres aussi historiques que symboliques. Mais aucun progrès n’a été réalisé sur l’épineux dossier des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang. Et les négociations sont au point mort depuis l’échec retentissant du deuxième sommet entre les deux hommes fin février 2019 à Hanoi.

Une des raisons de cette impasse a été l’absence de consensus sur les concessions que la Corée du Nord devrait faire en échange d’une levée des sanctions internationales pesant sur elle. Mais Trump n’a jamais inspiré à la Corée du Nord la haine qu’elle voue à Joe Biden, un « chien enragé » qu’il faudrait « battre à mort ». De son côté, le président élu a qualifié Kim Jong-un de « voyou ». « Quelle que soit la personne au pouvoir (ndlr, aux Etats-Unis), la vraie nature de sa politique contre la Corée du Nord ne va jamais changer », a déclaré Kim Jong-un sans nommer Joe Biden, selon KCNA.

Autant de propos qui seront perçus comme une provocation à l’adresse de la nouvelle administration américaine. « L’addition pour les sommets de Singapour et Hanoï est arrivée à échéance », a tweeté l’analyste Ankit Panda de Carnegie Endowment. « Et c’est à l’administration Biden de la régler », a-t-il estimé.

Vers un sous-marin nucléaire nord-coréen ?

Sous la présidence de Joe Biden, les Etats-Unis devraient revenir à une approche beaucoup plus classique vis-à-vis de Pyongyang, en insistant notamment sur le fait qu’il faudra des progrès importants au niveau de groupes de travail avant même d’envisager une nouvelle rencontre entre chefs d’Etats.

De son côté, la Corée du Nord justifie ses programmes nucléaires interdits par la communauté internationale par la menace que Washington ferait peser sur la survie-même de son régime. Et celui-ci a pendant des décennies alloué au développement de ces programmes de vastes ressources, quitte à écoper de sanctions toujours plus pénalisantes pour son économie et sa population.

Lors de la réunion du Parti des travailleurs, le dirigeant nord-coréen a également annoncé que son pays a mené à bien un plan visant à se doter d’un sous-marin nucléaire. « De nouvelles recherches de planification pour un sous-marin nucléaire ont été menées à bien et sont sur le point d’entrer dans le processus d’examen final », a-t-il déclaré selon l’agence. Le pays devrait « développer davantage la technologie nucléaire » et produire des ogives nucléaires légères et de petite taille pour être utilisées « en fonction des cibles visées », a-t-il ajouté.