Violences à Washington : Non, cet émeutier n’est pas un « antifa », mais un soutien de Donald Trump

FAKE OFF Des partisans de Donald Trump ont soutenu que l’homme, dont les photos au sein du Capitole ont fait le tour du monde, ne serait pas un partisan du président, mais un « antifa ». Inculpé vendredi 9 janvier, Jack Angeli a expliqué à plusieurs reprises soutenir la théorie du complot QAnon

Mathilde Cousin

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Ce partisan de Donald Trump fait partie des émeutiers qui ont envahi le Capitole mercredi.
Ce partisan de Donald Trump fait partie des émeutiers qui ont envahi le Capitole mercredi. — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA
  • Jake Angeli, parfois surnommé le « Q Shaman », a été photographié parmi les émeutiers qui ont envahi le Capitole mercredi, à Washington.
  • Un avocat soutien de Donald Trump a avancé que le manifestant serait un « antifa ».
  • Plusieurs sources montrent pourtant que Jake Angeli est un adepte de la mouvance QAnon.

Edit : Ajout le 11 janvier du paragraphe sur l’inculpation de Jake Angeli.

Les photos de l’homme, torse nu, le visage peint aux couleurs du drapeau américain, les épaules et la tête recouvertes de fourrure, ont fait le tour du monde après que le Capitole, qui abrite le Sénat et la Chambre des représentants, a été envahi par des émeutiers mercredi.

Des soutiens de Donald Trump, comme l’avocat Lin Wood, ont assuré que cet homme, loin d’être un partisan du président sortant, était en réalité un « antifa » qui se serait introduit dans le bâtiment pour semer le chaos. Une affirmation qui fait écho à des déclarations de Donald Trump qui, au cours de sa présidence, a plusieurs fois répété qu’il existait une menace « antifa » aux Etats-Unis.

Lin Wood a accompagné son tweet d’une photo qui montrerait l’homme à un rassemblement en soutien au mouvement Black Lives Matter, sans donner d’éléments prouvant qu’il s’agirait d’une manifestation de ce mouvement. Twitter a, depuis, suspendu le compte de l’avocat.

La fausse affirmation, relayée sur un autre compte, y a été retweetée plus de 42.000. L’émeutier est pourtant bien identifié, notamment comme étant un adepte de la mouvance QAnon, rattachée à une théorie du complot selon laquelle des pédocriminels satanistes complotent contre Donald Trump.

FAKE OFF

Selon The Arizona Republic, l’homme s’appelle Jake Angeli. Le journal le décrit comme un adepte de cette mouvance, qui manifeste régulièrement depuis au moins 2019 devant le Capitole de l’Arizona. Il a expliqué au journal porter cet accoutrement pour attirer l’attention et, ensuite, expliquer ses théories.

Eric Westervelt, un journaliste de NPR, la radio publique américaine, confirme que l’homme est un adepte de la mouvance QAnon. Il a expliqué l’avoir interviewé en novembre en Arizona à une manifestation en soutien à Donald Trump. « Il racontait des informations erronées dangereusement délirantes au sujet de l’élection et du Covid-19 », a-t-il précisé sur Twitter.

Parfois surnommé « QChaman », Jake Angeli s'était filmé en septembre avec une pancarte « Q m’a envoyé » en criant la théorie du complot dans un centre commercial. La lettre « Q » est une allusion au prétendu initiateur de la théorie.

Mercredi, l’homme a raconté à un journaliste du Globe and Mail, un journal canadien, que la police l’a laissé sortir de la chambre du Sénat sans l’arrêter.

Jake Angeli – pseudonyme de Jacob Anthony Chansley, selon la justice américaine — a finalement été inculpé le 9 janvier. Il est accusé « d’avoir pénétré ou séjourné sciemment dans un bâtiment ou un terrain interdit sans autorisation légale, et d’être entré avec violence et d’avoir eu un comportement désordonné sur le site du Capitole ». Deux autres hommes ont également été inculpés et placés en détention.

Angeli semble avoir lui-même démenti l’affirmation de Lin Wood, expliquant sur Twitter ne pas être « antifa » ni soutien du mouvement « Black Lives Matter ». Quant à la photo qui le montrerait à une manifestation en soutien à ce dernier, elle a été tronquée. La photo entière le montre avec une pancarte « Q m’a envoyé ».

La théorie du complot QAnon a émergé en 2017 sur le forum 4Chan. Ses adeptes pensent notamment que Donald Trump, aidé par des militaires, mène une bataille contre des pédocriminels satanistes qui conspirent pour le renverser, rappelle cet article de Bellingcat.