Vaccination en Allemagne : La stratégie critiquée jusqu’au sein du gouvernement

PANDEMIE La vaccination contre le coronavirus en Allemagne est jugée par certains trop lente et dépendante de l'Union européenne

20 Minutes avec AFP

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Des Allemands patientent pour se faire vacciner, à Berlin, le 29 décembre 2020.
Des Allemands patientent pour se faire vacciner, à Berlin, le 29 décembre 2020. — AFP

Alors que l’Allemagne s’apprête à annoncer de nouvelles restrictions pour lutter contre la propagation du  Covid-19, les critiques contre la stratégie vaccinale s’intensifient, y compris au sein du gouvernement.

Plus de 264.000 personnes âgées et personnels soignants ont reçu pour l’instant la première dose du vaccin Pfizer-BioNTech. Si le rythme de vaccination est beaucoup plus rapide que nombre de voisins européens, dont la France, des voix s’élèvent en Allemagne pour critiquer sa supposée lenteur. Quelque 44 % des Allemands ne seraient pas convaincus par la stratégie vaccinale, contre 40 % de personnes confiantes selon un sondage Civey.

Trop de Pfizer, pas assez de Moderna

Le quotidien Bild, le plus lu d’Allemagne, mène ainsi une campagne contre le gouvernement, accusé d’avoir « trop compté sur l’Union européenne » pour s’approvisionner en vaccins, et de privilégier le seul produit Pfizer-BioNTech au détriment du vaccin Moderna. La polémique s’envenime jusqu’au sein du gouvernement d’Angela Merkel, à moins de dix mois des élections.

Le vice-chancelier et candidat social-démocrate Olaf Scholz a ainsi transmis à son collègue de la Santé, le conservateur Jens Spahn, une liste de questions sur la stratégie vaccinale. « Pourquoi la Commission européenne a-t-elle commandé à l’avance si peu de doses de vaccin ? Et pourquoi certaines parties des doses non réclamées par l’UE (…) n’ont-elles pas été commandées pour l’Allemagne ? », demande-t-il notamment.

« Il est toujours juste de mon point de vue d’avoir pris et de prendre ce chemin européen », rétorque le ministre de la Santé, promettant un approvisionnement pour tous les Allemands d’ici l’été.

Une deuxième vague plus violente

Plusieurs centres de vaccinations, dont celui de Hambourg, le plus grand d’Allemagne, entrent en action ce mardi. Le gouvernement étudie aussi la possibilité d’étendre au maximum la période entre les deux injections pour permettre la vaccination de plus de patients avant la rupture des stocks. Mais, a prévenu mardi le laboratoire BioNTech, l’efficacité maximale du vaccin n’est pas démontrée si la deuxième injection est retardée.

Considérée comme une « bonne élève » européenne dans la gestion de la première vague épidémique, l’Allemagne a désormais toutes les peines à contenir le virus, en particulier dans des Länder d’ex-RDA. Angela Merkel et les 16 Etats-régions devraient ainsi décider ce mardi d’étendre le confinement partiel en vigueur, probablement jusqu’au 31 janvier.

Les commerces – à l’exception des magasins d’alimentation – restaurants, bars et lieux culturels devraient ainsi garder portes closes dans les semaines à venir. Les périmètres de déplacement autorisé depuis son domicile pourraient aussi être limités, une mesure radicale en Allemagne. Les écoles elles aussi devraient rester majoritairement fermées.