En Norvège, plus de voitures électriques ont été achetées en 2020 que de voitures thermiques

ZERO EMISSION La Norvège s’est fixé comme objectif de décarboner tous ses véhicules neufs dès 2025

20 Minutes avec AFP

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Une voiture électrique de la marque Tesla, en Norvège (image d'illustration).
Une voiture électrique de la marque Tesla, en Norvège (image d'illustration). — Jonathan NACKSTRAND / AFP

La Norvège prend la voie du tout électrique. En 2020, le pays est devenu le premier au monde où les voitures électriques ont représenté plus de la moitié des nouvelles immatriculations, selon des chiffres publiés ce mardi.

Malgré la pandémie de Covid-19 qui a retardé le lancement de nouveaux modèles, l’électrique s’est arrogé une part de marché de 54,3 % l’an dernier dans le pays nordique, contre 42,4 % un an plus tôt, selon les chiffres d’un organisme spécialisé norvégien, le Conseil d’information sur le trafic routier (OFV). Inégalées dans le monde, les ventes ont même connu un coup d’accélérateur en fin d’année : en décembre, la part de marché de l’électrique a battu un nouveau record mensuel, à 66,7 %.

Plus gros producteur d’hydrocarbures

« C’est une tendance extrêmement positive », s’est félicitée Christina Bu, secrétaire générale de l’Association norvégienne des véhicules électriques, qui promeut le « zéro émission ». « Nous sommes presque sur la voie pour atteindre les objectifs de 2025 », a-t-elle ajouté.

La Norvège, qui est paradoxalement le plus gros producteur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest, affiche l’ambition que toutes ses voitures neuves soient « zéro émission » – électriques et à hydrogène – à compter de cette année-là. Avec plusieurs longueurs d’avance sur d’autres pays européens, pourtant ambitieux, comme le Royaume-Uni, qui vient d’avancer à 2030 la date d’interdiction des ventes de voitures essence et diesel. La France, elle, devrait atteindre ce cap en 2040.

De fortes attentes pour 2021

Pour atteindre son objectif, le pays nordique met en œuvre une politique fiscale extrêmement avantageuse même s’il a commencé à rogner certains des passe-droits accordés aux voitures électriques, tels que la gratuité des péages urbains ou la possibilité d’emprunter les couloirs de transport collectif.

Contrairement aux voitures diesel ou essence très lourdement taxées, les voitures propres y sont exemptes de quasiment toute taxe, ce qui les rend plus compétitives à l’achat. C’est une berline électrique, qui aurait normalement été hors de portée de la plupart des bourses, qui a dominé le classement des ventes norvégiennes l’an dernier – l’e-tron d’Audi, avec un coût de départ d’environ 47.000 euros – devant trois autres modèles électriques, la Tesla Model 3, la Volkswagen ID.3 et la Leaf de Nissan.

Malgré ces performances sans égales, l’Association norvégienne des véhicules électriques dit rester sur sa faim, elle qui s’attendait à voir l’électrique accaparer près de 60 % du marché l’an dernier. « On y serait arrivé s’il n’y avait pas eu le coronavirus », a souligné Christina Bu. « Mais ça a retardé plusieurs lancements ». Pour l’année en cours, l’association dit tabler sur une part de marché de 65 %.