Iran : Un pétrolier sud-coréen saisi par les Gardiens de la Révolution

TENSIONS INTERNATIONALES L'Iran soutient que le navire a enfreint des lois sur l'environnement mais la Corée du Sud pense que le pays veut faire pression sur elle pour récupérer des fonds

20 Minutes avec agences

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Des bateaux des gardiens de la révolution iranienne naviguent le 15 avril autour des navires militaires américains dans le golfe Persique près du Koweït.
Des bateaux des gardiens de la révolution iranienne naviguent le 15 avril autour des navires militaires américains dans le golfe Persique près du Koweït. — US NAVY / AP/SIPA

L’Iran a annoncé ce lundi que ses Gardiens de la révolution avaient saisi le Hankuk Chemi, un pétrolier battant pavillon sud-coréen dans les eaux du Golfe. Le bateau aurait enfreint « les lois sur l ’environnement marin », selon les autorités.

Le pétrolier, parti d’Arabie saoudite, transportait 7.200 tonnes de produits chimiques pétroliers, selon le site Internet Sepahnews des Gardiens de la révolution. Il aurait violé de manière « répétée » les lois sur l’environnement marin. La Corée du Sud a réclamé la libération du bateau et de ses 20 membres d’équipage et a déployé une unité navale anti-piraterie dans la région du Golfe.

La Corée du Sud « exige » la libération du pétrolier

Selon un communiqué du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, la saisie du pétrolier constitue une « question purement technique et due à la pollution de la mer ». Le navire aurait « causé une pollution importante dans la mer » et aurait poursuivi son chemin malgré des mises en garde des patrouilles des Gardiens avant sa saisie.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a « exigé que le navire soit relâché rapidement ». L’équipage serait, selon Séoul, sain et sauf. Un porte-parole du gouvernement américain a qualifié la saisie de « claire tentative d’extorsion sur la communauté internationale » et a lui aussi exigé la libération du navire.

Des tensions avec les Etats-Unis

Cette saisie intervient alors qu’un responsable sud-coréen des Affaires étrangères est attendu à Téhéran. L’Iran cherche à débloquer des fonds gelés par Séoul en raison des sanctions américaines. Quelques heures plus tôt, on apprenait aussi que le porte-avions américain USS Nimitz allait rester dans le Golfe, en raison de « menaces » iraniennes visant Donald Trump et d’autres responsables.

Selon le gouverneur de la Banque centrale iranienne, le pays possède sept milliards de dollars en Corée du Sud. Le gel de ces fonds empêche Téhéran de s’en servir mais la Corée du Sud réclamerait tout de même des frais de tenue de compte. Les autorités déplorent la « lenteur » du processus de déblocage de ces revenus pétroliers.

Les Gardiens de la révolution n’avaient pas saisi de navire depuis plus d’un an. Ce regain de tensions survient à l’approche du départ de Donald Trump, qui mène une politique de « pression maximale » sur Téhéran.