Etats-Unis : Trump met la pression sur un responsable électoral pour « trouver » des bulletins à son nom

MAUVAIS PERDANT Le président sortant a appelé Brad Raffensperger, le républicain en charge des élections de l’Etat de Géorgie, pour lui dire : « Tout ce que je veux, c’est trouver 11.780 bulletins »

20 Minutes avec AFP

— 

Donald Trump le 5 décembre 2020.
Donald Trump le 5 décembre 2020. — Evan Vucci/AP/SIPA

Une action de Donald Trump, pour une nouvelle fois tenté de changer le résultat de la présidentielle américaine, a provoqué une onde de choc politique aux Etats-Unis. La diffusion dimanche d’un enregistrement du président demandant à un responsable électoral de « trouver » des bulletins de vote pour la présidentielle à son nom, a donné le ton d’une semaine qui s’annonce explosive.

A deux jours d’une élection cruciale pour le contrôle du Sénat et à trois d’une session du Congrès destinée à graver dans le marbre la victoire de Joe Biden, la révélation d’une conversation entre le président sortant et un responsable de Géorgie a monopolisé l’attention. Donald Trump a appelé samedi Brad Raffensperger, le républicain en charge des élections dans cet Etat du Sud, pour tenter de le rallier à sa cause. « Il n’y a pas de mal à dire que vous avez recalculé », peut-on l’entendre dire sur un enregistrement de la discussion réalisé à son insu et rendu public par le Washington Post. « Tout ce que je veux, c’est trouver 11.780 bulletins », ajoute-t-il, soit à peu près l’avance dont dispose Joe Biden en Géorgie, confirmée par un recomptage et des audits.

Les menaces du président

Répétant des accusations de fraudes, dont il n’a jamais apporté la preuve et qui ont été balayées par les tribunaux, Donald Trump justifie ses demandes par sa conviction que l’élection lui a été « volée ». « Vous savez ce qu’ils ont fait et vous n’en parlez pas : c’est un délit », « c’est un gros risque pour vous », ajoute-t-il, menaçant. Mais en face, Brad Raffensberger ne cède pas. « Nous pensons que nos chiffres sont bons ».

Le camp démocrate a immédiatement dénoncé des pressions « potentiellement répréhensibles ». « Le mépris de Trump pour la démocratie est mis à nu », a ajouté l’élu de la Chambre, Adam Schiff. Sa consœur Debbie Wasserman Schultz a dénoncé l’acte d’un « président désespéré et corrompu ». Le trouble était également palpable chez les républicains. « C’est accablant », a tweeté l’élu Adam Kinzinger, en appelant les membres de son parti à ne pas suivre le président dans sa croisade. « Vous ne pouvez pas faire ça en ayant la conscience tranquille », leur a-t-il lancé.

Dernier baroud mercredi

Si certains poids lourds républicains, dont le chef des sénateurs Mitch McConnell, ont fini par admettre la victoire de Joe Biden, le président sortant bénéficie encore du soutien indéfectible de dizaines de parlementaires. A la Chambre comme au Sénat, ces élus ont promis d’exprimer leurs objections mercredi, lors d’une session du Congrès destinée à enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden. Au même moment, les partisans de Donald Trump se rassembleront à proximité de la Maison-Blanche pour une démonstration de force.