Sahel : Selon Florence Parly, les effectifs de la force Barkhane vont « très probablement » être réduits

ARMEE La décision finale sera prise à l'occasion du prochain sommet conjoint de la France et des pays du G5 Sahel en février à N'djamena au Tchad

20 Minutes avec AFP

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La ministre des Armées, Florence Parly, à l'Elysée le 2 décembre 2020.
La ministre des Armées, Florence Parly, à l'Elysée le 2 décembre 2020. — Jacques Witt/SIPA

La semaine qui vient de s’achever a été particulièrement meurtrière pour les militaires français au Mali. Au total cinq soldats y sont morts sur la période dans des attaques djihadistes. Dans ce contexte, la France va « très probablement » réduire les effectifs de sa force antidjihadiste Barkhane au Sahel après des « succès militaires importants » en 2020, a déclaré la ministre française des Armées.

Un renfort « c’est temporaire »

« Nous serons très probablement amenés à ajuster ce dispositif : un renfort par définition, c’est temporaire », a expliqué Florence Parly dans une interview au quotidien Le Parisien à paraître lundi après le renfort de 600 soldats qui a porté les effectifs de Barkhane à 5.100 hommes en 2020. Une décision sera prise à l’occasion du prochain sommet conjoint de la France et des pays du G5 Sahel en février à N'djamena au Tchad, a ajouté la ministre.

En 2020, la force Barkhane a remporté « des succès militaires importants, à la fois en neutralisant plusieurs hauts responsables de groupes terroristes et en attaquant leurs chaînes logistiques », a par ailleurs rappelé Florence Parly. Le leader d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), l’Algérien Abdelmalek Droukdal, a par exemple été tué dans le nord du Mali en juin. La France a aussi annoncé la « neutralisation » en novembre de Bah Ag Moussa, décrit comme le « chef militaire » du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida.

Pas de négociation avec Al-Qaida ou Daech

Mais cela ne suffit pas. « Oui, les conditions de sécurité au Sahel restent difficiles. Les terroristes utilisent l’arme des lâches », a lancé Florence Parly, affirmant que des engins explosifs artisanaux se déclenchent « indifféremment » au passage de véhicules civils et militaires. « Si les djihadistes adoptent ces méthodes pernicieuses de guérilla, c’est qu’ils refusent le combat, conscients qu’ils n’auraient aucune chance s’ils devaient se confronter aux soldats de Barkhane dans un combat régulier », a-t-elle jugé.

La ministre a en outre de nouveau exclu toute négociation « avec des groupes terroristes comme Al-Qaida ou Daech, qui assassinent de manière aveugle et ont du sang sur les mains ». Mais la porte est ouverte pour « des gens qui ont déposé les armes et qui ne sont pas motivés par une idéologie radicale et criminelle », a-t-elle relevé. Ils doivent se rallier aux accords de paix d’Alger de 2015, a-t-elle ajouté.