Etats-Unis. La reconnaissance faciale l’identifie, il est arrêté et incarcéré à tort

ERREUR Cet Afro-Américain avait été emprisonné dix jours pour vol en 2019 après avoir été désigné à tort par un logiciel d’identification faciale alors qu’il disposait d’un alibi

20 Minutes avec agence
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Illustration reconnaissance faciale
Illustration reconnaissance faciale — Steven Senne/AP/SIPA

Nijeer Parks, un Afro-Américain de 33 ans, a attaqué en justice la police et la ville de Woodbridge, dans le New Jersey, après avoir été victime d’une erreur de reconnaissance faciale. Début 2019, l’homme avait été arrêté pour un vol dans la boutique d’un hôtel et incarcéré pendant dix jours, raconte NBC News. Un logiciel d’identification l’avait confondu avec l’auteur des faits.

Averti par sa grand-mère qu’un mandat d’arrêt le concernant avait été émis, le trentenaire s’était rendu au commissariat pour dissiper le malentendu. Il disposait en effet d’un alibi confirmant sa présence loin de l’hôtel au moment des faits. Le voleur avait accroché un véhicule de police en s’enfuyant. Or Nijeer Parks a expliqué n’avoir ni voiture ni permis de conduire.

Des milliers de dollars dépensés pour sa défense

L’Américain a pourtant été placé en détention alors qu’une comparaison de ses empreintes ou de son profil ADN avec ceux du malfaiteur l’aurait disculpé. Les poursuites à son encontre ont finalement été abandonnées. Nijeer Parks a cependant dû débourser des milliers de dollars pour assurer sa défense, rapporte ABC. Les enquêteurs « se sont uniquement appuyés » sur la reconnaissance faciale, a déploré l’avocat du plaignant.

Ce dernier a qualifié ce type de logiciel de « défectueux et illégal ». Il a regretté que la police ait agi « alors que tous les relevés scientifiques et les preuves montraient que [Nijeer Parks] n’avait aucun rapport avec le suspect du crime ». De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les dysfonctionnements des systèmes de reconnaissance faciale lorsque les suspects ont la peau foncée.

« Cette technologie nuit de manière disproportionnée à la communauté noire », a estimé Nathan Freed Wessler, avocat au sein d’une association de défense des libertés civiles. Il a par ailleurs accusé les programmes d’identification faciale d’être à l’origine de « beaucoup d’autres auditions, arrestations et peut-être même condamnations à tort ».