Coronavirus : La Chine approuve son premier vaccin produit par Sinopharm mais « sous conditions »

VALIDATION Selon le ministre adjoint de la Santé, une vaccination « de 60 % à 70 % » des 1,4 milliard de Chinois sera nécessaire pour assurer « la protection de l’ensemble de la population »

20 Minutes avec AFP

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Une infirmière vérifiant des vaccins Sinopharm, à Pékin le 30 décembre 2020.
Une infirmière vérifiant des vaccins Sinopharm, à Pékin le 30 décembre 2020. — CHINE NOUVELLE/SIPA

La Chine a un plan de vaccination contre le Covid-19 particulièrement ambitieux. Le pays veut en effet « vacciner toute la population ». Mais pour réussir cet objectif, il est nécessaire d’avoir un vaccin. Et c’est désormais chose faite. La Chine a annoncé jeudi avoir approuvé « sous conditions » la mise sur le marché d’un premier vaccin anti-Covid-19. Pékin a également précisé que près de 5 millions de personnes à risque se sont déjà vues administrer différentes doses.

Ce premier vaccin, produit par Sinopharm avec l’Institut des produits biologiques de Pékin, est efficace à plus de 79 %, avait annoncé mercredi le groupe pharmaceutique. Sur la base de ces résultats, « l’Administration nationale des produits médicaux a approuvé le 30 décembre (…) la demande d’inscription du vaccin inactivé de Sinopharm (…) de façon conditionnelle », a annoncé lors d’une conférence de presse un haut responsable de cet organisme, Chen Shifei.

Généraliser la vaccination

Ce type de mise sur le marché conditionnelle permet de proposer le vaccin au grand public, lorsque les analyses des essais cliniques ne sont pas encore terminées mais indiquent que le produit est efficace. Lors de la même conférence de presse, le ministre adjoint de la Santé, Zeng Yixin, a précisé que l’autorisation allait permettre de généraliser la vaccination des groupes à risque, à savoir les plus âgés et les personnes souffrant de maladies sous-jacentes.

Selon le ministre, une vaccination « de 60 % à 70 % » des 1,4 milliard de Chinois sera nécessaire pour assurer « la protection de l’ensemble de la population ». Le vice-ministre s’est engagé à ce que le vaccin soit « fourni gratuitement à tous ». Interrogés, les responsables n’ont cependant fourni aucun chiffre concernant les capacités de production chinoises, indiquant simplement que la vaccination serait facultative.

Quelques réactions allergiques sans gravité

La Chine, où le coronavirus est apparu fin 2019, tente d’être aux avant-postes mondiaux de l’élaboration d’un vaccin. Au prix d’énormes moyens financiers, elle a actuellement 14 vaccins testés sur l’homme, dont cinq en phase finale d’essais (phase 3), y compris celui qui vient d’être approuvé. Zeng Yixin a par ailleurs précisé que 3 millions de vaccinations avaient été effectuées pour des personnes à risque depuis le 15 décembre, sans préciser quels vaccins avaient été utilisés. Seules quelques réactions allergiques sans gravité ont été constatées et les autorités considèrent que les vaccins peuvent être généralisés, a-t-il déclaré.

Pékin, qui a largement éradiqué l’épidémie sur son territoire, avait procédé à des vaccinations d’urgence dès cet été, notamment auprès du personnel médical ou d’étudiants et de diplomates devant se rendre à l’étranger. Plus d’un million et demi de personnes avaient ainsi déjà été vaccinées.