Etats-Unis : Donald Trump tire à boulets rouges sur son propre camp

ATTAQUES Sur Twitter, le président américain a qualifié de « pathétiques » les dirigeants des républicains

20 Minutes avec AFP

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Le président américain Donald Trump.
Le président américain Donald Trump. — Dennis Van Tine/STAR MAX/IPx/AP/

Donald Trump a changé de souffre-douleur. Et le plus étonnant est qu’il s’attaque désormais principalement à son propre camp. Le président américain a redoublé mardi de virulence contre les ténors des républicains, qualifiés de « pathétiques », semant un peu plus le trouble dans son parti à l’approche de deux élections sénatoriales cruciales.

Depuis son club de Mar-a-Lago, en Floride, et juste avant d’entamer une nouvelle journée de golf, Donald Trump a exprimé sa frustration dans une série de tweets particulièrement virulents. Objet de son courroux : la perspective de plus en plus solide que le Congrès rejette son veto au budget de la défense, ce qui représenterait une première depuis son arrivée à la Maison-Blanche.

Le chef républicain du Sénat pas impressionné

« Le "leadership" républicain faible et fatigué va permettre que la mauvaise loi sur la défense soit adoptée », a dénoncé le président sortant sur Twitter. Mitch McConnell, chef républicain du Sénat, a peu après clairement indiqué qu’il ne se laisserait pas impressionner par les tweets présidentiels, en appelant, dans un message de défiance à Donald Trump, à rejeter son veto.

Croisant le fer sur plusieurs fronts, Donald Trump a aussi une nouvelle fois avancé des théories du complot pour nier sa défaite face à Joe Biden. Et encore une fois ses cibles sont dans son camp : « La direction du parti républicain choisit la voie de la résistance minimale. Nos dirigeants (pas moi, bien sûr !) sont pathétiques. La seule chose qu’ils savent faire, c’est perdre ! ». Le président sortant, encore très populaire chez les électeurs républicains, a assorti ses tweets d’une menace à peine voilée envers les parlementaires de son parti. « P.S. J’ai fait élire de nombreux sénateurs et membres de la Chambre des représentants. Je crois qu’ils ont oublié ! ».

L’équilibre du pouvoir en jeu

David Perdue et Kelly Loeffler ne manqueront sans doute pas de l’entendre. Les deux sénateurs républicains jouent leurs sièges le 5 janvier lors de deux sénatoriales partielles en Géorgie, qui captivent le monde politique. Car avec eux, c’est tout l’équilibre du pouvoir sous Joe Biden qui se joue. Si les deux candidats démocrates -Raphael Warnock et Jon Ossoff- l’emportent, les démocrates reprendront le contrôle du Sénat, et détiendront tous les leviers du pouvoir à Washington.

Sur le papier, les républicains partent en bonne position mais les dernières semaines colériques de Donald Trump à la Maison-Blanche inquiètent le Grand Old Party. Ses tirades contre le système électoral pourraient notamment saper la mobilisation de leurs électeurs en Géorgie. Enfin, les revirements inattendus du président sur le plan d’aide à l’économie américaine mettent les sénateurs républicains dans l’embarras. À moins d’un mois de son départ du pouvoir, le camp conservateur s’inquiète donc de plus en plus de la stratégie de la terre brûlée du 45e président des Etats-Unis.