Coronavirus aux Etats-Unis : Trump rejette le plan d’aide du Congrès et le qualifie de « honte »

ECONOMIE Le locataire de la Maison Blanche a réclamé que le chèque fait aux Américains passe de 600 à 2.000 dollars

20 Minutes avec AFP

— 

Donald Trump, le 22 décembre 2020 à la Maison Blanche.
Donald Trump, le 22 décembre 2020 à la Maison Blanche. — Twitter

De l’argent pour des pays étranger et seulement 600 dollars par Américain, c’est une « honte », selon Donald Trump. Le président américain a rejeté mardi soir le plan de relance de quelque 900 milliards de dollars adopté la veille par le Congrès après des mois de blocage, en réclamant une augmentation du montant des chèques envoyés aux familles.

« Je demande au Congrès d’amender ce projet de loi et d’augmenter les ridiculement faibles 600 dollars à 2.000 dollars ou 4.000 dollars pour un couple. Je demande également au Congrès de se débarrasser des éléments inutiles et coûteux de cette loi », a-t-il exigé dans une vidéo publiée sur Twitter.

Jugé essentiel pour remettre sur les rails la première économie mondiale, le plan adopté par les parlementaires américains lundi soir afin de soutenir les ménages et entreprises affectés par la pandémie de Covid-19 ne peut entrer en vigueur sans la signature du président. Or ce dernier laisse entendre dans la vidéo qu’il n’est pas prêt à le parapher sans les changements demandés. Dans l’absolu, il peut jouer la montre sans tenter de mettre son veto – le texte a été adopté à la quasi-unanimité, ce qui permettrait au Congrès de passer outre un veto présidentiel.

Pelosi repropose 2.000 dollars

La cheffe des démocrates à la Chambre, Nancy Pelosi, s’est déclarée favorable pour accorder 2.000 dollars par personne. Elle a rappelé que la Chambre avait déjà voté en ce sens il y a neuf mois, et que le Sénat, contrôlé par les républicains, s’y était opposé.

Le milliardaire républicain demande que lui soit envoyée une proposition de loi amendée « convenable », sans quoi il pourrait revenir à « la prochaine administration » d’adopter un plan de relance. « C’est vraiment une honte », a-t-il lâché, alors que la Maison Blanche a été impliquée dans les négociations sur le texte par le biais du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

« Elle s’appelle loi d’aide au Covid mais elle n’a presque rien à voir avec le Covid », a ajouté le président, citant pêle-mêle les aides contenues dans le texte pour le Cambodge ou la Birmanie et les financements destinés à l’armée égyptienne alors que cette dernière, dit-il, « va aller acheter de l’équipement militaire quasi exclusivement russe ».

Il déplore aussi que le texte prévoie des millions de dollars pour promouvoir « la démocratie et des programmes sur le genre » au Pakistan, ou pour des institutions culturelles aux Etats-Unis.

Biden demandera un autre plan

C’est dimanche, après des mois de blocage, que démocrates et républicains ont annoncé être parvenus à un accord de principe sur des mesures comprenant notamment des chèques aux familles les plus fragilisées, des aides aux petites entreprises et aux écoles, des allocations chômage supplémentaires de 300 dollars par semaine ou encore une enveloppe pour la distribution équitable de vaccins contre le Covid-19.

Le premier plan, d’un montant gigantesque de 2.200 milliards de dollars, avait été voté en urgence fin mars, lors de la première vague de la pandémie. Il comprenait des allocations chômage exceptionnelles de 600 dollars par semaine et l’envoi de chèques de 1.200 dollars par adulte.

Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a quant à lui estimé mardi que le plan d’aide de 900 milliards était « un premier pas » mais qu’il ne serait pas suffisant, et a annoncé qu’il demanderait l’an prochain au Congrès de voter un nouveau plan de soutien à l’économie américaine.

« Nous devons travailler en impliquant les deux partis (républicain et démocrate). C’est seulement ainsi que nous nous en sortirons », a ajouté celui qui est un habitué des allées du pouvoir à Washington après plus de 35 ans passés sur les bancs du Sénat et huit ans comme vice-président.