L'Allemagne et la Finlande rapatrient femmes et enfants de Syrie

DJIHAD L'Allemagne a acheminé trois femmes et 12 enfants, parmi lesquels certains des leurs. Dans le cas de la Finlande, il s'agit de six enfants et de deux femmes

20 Minutes avec AFP

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Une mère et son enfant dans le camp Roj au nord de la Syrie en mars 2019.
Une mère et son enfant dans le camp Roj au nord de la Syrie en mars 2019. — Maya Alleruzzo/AP/SIPA

L’Allemagne et la Finlande ont annoncé dimanche avoir rapatrié du nord de la Syrie cinq femmes, dont certaines visées par des poursuites judiciaires dans leur pays pour appartenance à l’organisation Etat islamique, et 18 enfants. Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a qualifié cette initiative commune, qui s’est déroulée samedi à bord d’un avion charter spécialement affété, d’opération « humanitaire ».

« Les camps du Nord-Est de la Syrie constituent un risque de sécurité sur le long terme, plus les enfants y resteront sans protection ni éducation, plus il sera difficile d’empêcher la radicalisation », a souligné de son côté le ministère finlandais. Il a ajouté qu’il n’était pas possible légalement de ne rapatrier que des enfants sans leurs mères. L’Allemagne a acheminé trois femmes et 12 enfants, parmi lesquels certains des leurs. Dans le cas de la Finlande il s’agit de six enfants et de deux femmes, selon le ministère allemand des Affaires étrangères.

« Très mauvaise santé »

Ce groupe résidait dans un camp de réfugiés sous contrôle kurde dans le nord de la Syrie. Les trois femmes de nationalité allemande remises aux autorités de leur pays étaient « des épouses de djihadistes » de l’EI « et sont en très mauvaise santé, a déclaré un porte-parole de l’administration kurde pour les relations internationales, Kamal Akif. Elles ont été transférées à cause de leur état de santé qui exige un traitement à l’étranger. »

Ce rapatriement marque une nouveauté pour ces deux pays qui jusqu’ici avaient effectué des rapatriements mais via la Turquie seulement. Selon l’hebdomadaire allemand, l’avion charter, parti d’Irak, a dû faire une escale imprévue à Vienne car un enfant souffrait de fortes crampes. Les trois Allemandes sont âgées de 21, 24 et 38 ans. Elles sont toutes visées dans leur pays d’origine par des poursuites judiciaires pour participation à une organisation terroriste.

Ces trois femmes avaient gagné la Syrie à partir de 2014. Deux d’entre elles pour rejoindre des membres du groupe Etat islamique déjà sur place et se marier avec eux, la troisième en accompagnant son partenaire en Syrie, qui avait fini par être tué, selon les médias allemands. L’une des trois Allemandes a été interpellée à son arrivée à Francfort et placée en détention à son arrivée, a précisé de son côté le parquet antiterroriste allemand dans un communiqué, les deux autres étant laissées en liberté dans l’immédiat.

Esclave yazidie

Outre la participation au groupe EI, celle qui a été incarcérée, identifiée comme Leonara M. et âgée de 21 ans, est soupçonnée par la justice de son pays d’avoir, avec son époux, utilisé une jeune femme yazidie comme esclave à Raqqa. Son mari était un membre des « services secrets » de l’EI, avec qui elle a eu deux enfants, selon le parquet allemand. L’Allemande avait quitté son pays pour rejoindre la Syrie à l’âge de 15 ans.

Selon le quotidien Bild, il reste encore environ 70 adultes ayant la nationalité allemande dans des camps sous contrôle kurde dans le nord de la Syrie, ainsi qu’autour de 150 enfants de nationaux allemands. Environ 15 enfants et une dizaine de femmes de nationalité finlandaise sont en outre toujours internés dans des camps du nord-est de la Syrie, selon le ministère finlandais.

Globalement, ce sont plus de 6.000 enfants et autour de 3.000 mères de nationalité étrangère, dont 600 enfants et 300 femmes venant de pays de l’Union européenne, qui se trouvent dans ces camps, a-t-il précisé. La moitié des enfants ont moins de cinq ans, a-t-il ajouté.