Nigeria : Au moins 300 jeunes kidnappés par Boko Haram ont été libérés

ENLEVEMENTS Vendredi dernier, plusieurs centaines de jeunes lycéens et collégiens avaient été enlevés par un groupe djihadiste dans le lycée d’Etat de Kankara

20 Minutes avec AFP

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La longue attente pour les parents des enfants kidnappés, à Kankara, le 15 décembre 2020.
La longue attente pour les parents des enfants kidnappés, à Kankara, le 15 décembre 2020. — Kola Sulaimon / AFP

Au Nigeria, au moins 300 élèves sur environ 500 kidnappés ont été relâchés par leurs ravisseurs et vont pouvoir retrouver leurs familles. Ces jeunes, enlevés il y a une semaine par le groupe djihadiste Boko Haram, ont été reçus ce vendredi par les autorités locales de l’Etat de Katsina.

Arrivés en bus et en camion jusqu’à la résidence du gouverneur, les enfants ont marché pieds nus, l’air exténué et le visage recouvert de poussière jusqu’à une salle de réception, où les attendaient de nombreux officiels dont le gouverneur Aminu Bello Masari. « 344 d’entre eux sont entre les mains des forces de sécurité et vont être transférés à Katsina », avait déclaré le gouverneur cette nuit. « Ils vont bénéficier de soins avant d’être rendus à leurs familles », a-t-il ajouté. « C’est un énorme soulagement pour tout le pays et la communauté internationale », a de son côté tweeté le président, Muhammadu Buhari.

Entre les mains des autorités

Environ 500 jeunes collégiens et lycéens avaient été enlevés vendredi soir par des hommes armés, surnommés « bandits » dans cette région du Nigeria. Ils avaient été enlevés au lycée d’Etat pour garçons de Kankara, dans l’Etat de Katsina, dans un rapt ensuite revendiqué par Boko Haram, habituellement actif dans la partie nord-est du pays, à des centaines de kilomètres plus à l’est.

« Personne ne peut donner le nombre exact », a commenté à l’AFP une source sécuritaire. Les lycéens libérés sont actuellement regroupés dans la ville de Tsafe, dans l’Etat de Zamfara, et dans la localité voisine de Yankara, dans l’Etat de Katsina. « Nous aurons le chiffre précis quand ils seront arrivés et comptabilisés à Katsina (capitale de l’Etat éponyme) », a ajouté la même source sécuritaire.

Un chiffre encore flou

Jeudi, les djihadistes de Boko Haram avaient diffusé une vidéo des lycéens enlevés. Le visage couvert de poussière et griffé, un jeune garçon expliquait faire partie de 520 élèves enlevés par « le gang de Shekau », du nom du chef historique de Boko Haram.

Leur nombre exact restait flou, les autorités annonçant tantôt 333 élèves portés disparus, puis 400 jeudi matin. Dans cette video, Boko Haram affirmait, par la voix de ce jeune garçon d’environ 14 ans, qu’ils étaient 520 entre leurs mains, et que certains avaient été tués. Les enfants, pour la plupart très jeunes, apparaissaient à bout de forces.

Souvenir douloureux

Selon des informations de l’AFP, ce rapt de masse a été coordonné par le chef de gang Awwalun Daudawa en collaboration avec deux autres bandits renommés, Idi Minoriti et Dankarami, groupes armés qui terrorisent les populations dans le nord-ouest du Nigeria, et perpètrent des enlèvements contre rançon et des vols de bétail.

Selon plusieurs témoignages de jeunes garçons qui ont réussi à s’échapper, les otages avaient été divisés en plusieurs groupes, le soir même de leur enlèvement. Selon une source sécuritaire proche du dossier, les lycéens qui apparaissaient dans cette vidéo étaient ceux détenus par Awwalun Daudawa, qui répond directement aux ordres de Boko Haram, les autres pouvant être libérés à la suite de négociations engagées entre les ravisseurs et le gouvernement local.

Cette attaque a ravivé le souvenir douloureux de l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles à Chibok en 2014, dont le groupe djihadiste était déjà responsable. Au total, 107 des 219 jeunes filles kidnappées ont été secourues ou libérées après négociations. Mais 112 sont encore portées disparues et personne ne sait combien sont toujours vivantes.