Etats-Unis : La justice va relancer les poursuites pour l’attentat de Lockerbie

ENQUETE Selon le « Wall Street Journal » et le « New York Times », les Etats-Unis veulent obtenir l’extradition d’un ancien membre des services de renseignement libyens

20 Minutes avec AFP

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La ville de Lockerbie en 1988 après l'attentat contre l'avion de la Pan Am.
La ville de Lockerbie en 1988 après l'attentat contre l'avion de la Pan Am. — Martin Cleaver/AP/SIPA

Le dossier de l’attentat du 21 décembre 1988 contre un Boeing 747 de la compagnie américaine Pan Am n’est pas complètement refermé. Le ministère américain de la Justice doit prochainement inculper un Libyen membre des services de renseignement de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Il est soupçonné d’avoir participé à l’assemblage de la bombe dont l’explosion, au-dessus de la ville de Lockerbie en Ecosse, avait fait 270 morts, ont indiqué mercredi des médias américains.

Abou Agila Mohammad Massoud est actuellement détenu en Libye, selon le Wall Street Journal, et les Etats-Unis tentent d’obtenir son extradition pour le juger. Pour le New York Times en revanche, sa localisation précise est inconnue. Les deux quotidiens s’accordent par contre sur un point : les soupçons contre Massoud sont basés sur des confessions qu’il aurait faites aux autorités libyennes en 2012, ainsi que des informations sur ses voyages.

Le FBI continue de travailler sur le dossier

Le FBI n’a pas souhaité commenter l’annonce prochaine, soulignant dans un communiqué que la police fédérale travaillait « avec ténacité depuis 32 ans pour enquêter sur cet horrible attentat terroriste » et « identifier ceux qui (en) étaient responsables ». L’attentat avait tué les 259 passagers et membres d’équipage, dont 190 ressortissants américains, et 11 personnes au sol.

En 1991, les justices américaine et écossaise avaient annoncé l’inculpation de deux agents de renseignement libyens, Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi et Amine Khalifa Fhimah, pour leur participation à l’attentat. Le ministre de la Justice par intérim ayant annoncé les poursuites à l’époque était Bill Barr. De nouveau nommé à la Justice par Donald Trump en 2019, il a démissionné lundi et doit quitter son poste mercredi prochain.

Kadhafi a reconnu la responsabilité de la Libye

Les deux accusés libyens avaient été jugés en 2000 par un tribunal spécial écossais établi en terrain neutre, aux Pays-Bas. L’année suivante, Fhimah avait été acquitté et Megrahi, reconnu coupable de meurtre, condamné à la prison à vie avant de voir sa peine être commuée en 27 ans de prison minimum. Il avait été libéré en 2009 pour raisons médicales et est mort trois ans plus tard dans son pays. Le régime de Mouammar Kadhafi avait en 2003 reconnu officiellement sa responsabilité et payé 2,7 milliards de dollars de dédommagement aux familles des victimes.

Quatre ans après la mort de Kadhafi, son héritage pèse toujours sur la Libye