Royaume-Uni : La pollution a contribué à la mort d’une fillette à Londres, estime la justice

ENQUETE Ella Adoo-Kissi-Debrah, 9 ans, est décédée le 15 février 2013 d’une grave crise d’asthme après près de trois ans de crises répétées et une trentaine d’hospitalisations liées

20 Minutes avec AFP

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Un brouillard, possiblement dû à la pollution, recouvre Londres en mai 2018.
Un brouillard, possiblement dû à la pollution, recouvre Londres en mai 2018. — Richard Gardner/Shutter/SIPA

La pollution de l’air a constitué « une contribution matérielle » dans la mort d’une fillette de neuf ans à Londres, a estimé pour la première fois la justice britannique, ce mardi, dans une décision très attendue.

« Ma conclusion est que la pollution de l’air a constitué une contribution matérielle dans la mort d’Ella » Adoo-Kissi-Debrah en 2013, a déclaré le médecin légiste adjoint de l’arrondissement londonien de Southwark, Philip Barlow, après deux semaines d’audiences qui se sont achevées vendredi.

Des crises d’asthme répétées

Ella Adoo-Kissi-Debrah est décédée le 15 février 2013 d’une grave crise d’asthme après près de trois ans de crises répétées et une trentaine d’hospitalisations liées à cette maladie. Elle vivait à Lewisham, à moins de 30 mètres du South circular, une voie très empruntée du sud londonien.

En 2014, la justice a déterminé qu’elle était morte d’une insuffisance respiratoire aiguë causée par un asthme sévère, et non à cause de la pollution. Mais ces conclusions ont été annulées en 2019 et la tenue d’une nouvelle série d’audiences a été ordonnée en raison de nouveaux éléments scientifiques, et notamment le rapport d’un spécialiste britannique de la pollution de l’air, Stephen Holgate, en 2018.

Un lien entre les hospitalisations et les pics de pollution

Stephen Holgate avait noté un « lien frappant » entre les hospitalisations en urgence d’Ella et les pics enregistrés de dioxyde d’azote (NO2) et de particules en suspension, les polluants les plus nocifs, à proximité de son domicile.

« Ella vivait sur le fil du rasoir. Cela signifie qu’un très petit changement peut avoir des conséquences dramatiques », avait expliqué lors d’une audience le 8 décembre ce professeur en immunopharmacologie à l’université de Southampton. Entre 28.000 et 36.000 décès survenant au Royaume-Uni chaque année sont estimés être liés à la pollution de l’air.