LGBTI : Les relations entre personnes de même sexe toujours criminalisées dans 69 pays

DISCRIMINATIONS Même si les droits progressent, trop d'Etats ont des législations discriminatoires

20 Minutes avec AFP
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Une femme pose devant le Stonewall inn, à New York, lieu des mythiques émeutes entre communauté LGBT et policiers, en juin 1969.
Une femme pose devant le Stonewall inn, à New York, lieu des mythiques émeutes entre communauté LGBT et policiers, en juin 1969. — SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Si des progrès ont été faits sur les droits des personnes lesbiennes, gays et bisexuelles en 2020, les relations entre personnes de même sexe sont encore criminalisées dans 69 pays, a souligné l’Association Internationale des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans et Intersexes, ce mardi.

« Ce chiffre a baissé d’un point cette année, car le Gabon a fait marche arrière par rapport à la disposition criminalisante qu’il avait adoptée en 2019 – qui est devenue la loi de ce type à la vie la plus courte de l’histoire moderne », a noté Lucas Ramón Mendos, coordinateur de la recherche à ILGA World et principal auteur du rapport annuel, paru mardi. « De plus, la semaine dernière, le parlement du Bhoutan a approuvé un projet de loi visant à dépénaliser les relations consensuelles entre personnes du même sexe, qui pourrait bientôt être promulgué », a-t-il ajouté.

Jusqu’à la peine de mort

Selon l’association, au moins 34 Etats membres des Nations Unies ont appliqué ces lois ces 5 dernières années, même si elle estime que le nombre est « peut-être beaucoup plus élevé ».

« Partout où de telles dispositions existent », explique Lucas Ramón Mendos, « les personnes peuvent être dénoncées et arrêtées à tout moment, même si elles sont simplement soupçonnées d’avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe. Les tribunaux les poursuivent activement et les condamnent à la prison, à la flagellation publique, voire à la mort ».

Des « zones sans LGBT »

La pandémie de Covid-19 a là aussi eu des effets délétères. « Dans de nombreux endroits où les lois étaient déjà une cause d’inégalité, les choses n’ont fait qu’empirer », a accusé Julia Ehrt, directrice des programmes d’ILGA World.

Et de citer la prolifération de ce que l’on appelle les « zones sans LGBT » en Pologne, l’Indonésie qui a cherché à donner une nouvelle impulsion aux « thérapies de conversion » et l’annulation de deux interdictions de telles pratiques en Floride, aux Etats-Unis, par exemple. Ces « thérapies » sont censées changer l’orientation sexuelle et sont extrêmement controversées, en raison des risques psychologiques qu’elles présentent et de l’absence de preuve qu’elles aient une quelconque efficacité. L’ILGA World a aussi trouvé des développements positifs en 2020. De son propre aveu « contre toute attente ».

Des lois anti-discrimination pour plus de 80 Etats

Ainsi, note l’organisation en juillet 2020, le Soudan a abrogé la peine de mort pour les actes sexuels consensuels entre personnes du même sexe, l’Allemagne est désormais l’un des 4 Etats membres des Nations Unies qui ont interdit les « thérapies de conversion » au niveau national, et « d’autres juridictions en Australie, au Canada, au Mexique et aux Etats-Unis ont suivi cet exemple ». L’ILGA World se réjouit également du fait que le mariage pour tous « est désormais une réalité dans 28 États membres des Nations Unies ».

Le Costa Rica est devenu le premier pays d’Amérique centrale à autoriser le mariage égalitaire et « Trente-quatre Etats membres des Nations Unies prévoient des formes de reconnaissance du partenariat pour les couples du même sexe, puisque Monaco et le Monténégro ont voté pour leur reconnaissance légale au cours des douze derniers mois », souligne encore l’organisation internationale basée à Genève. En décembre 2020, 81 États membres des Nations Unies disposent de lois protégeant contre la discrimination au travail fondée sur l’orientation sexuelle. « Il y a vingt ans, ils n’étaient que quinze », rappelle l’ILGA World.