Justice : La Cour pénale internationale refuse d’enquêter sur les Ouïghours en Chine

SANS SUITE Les procureurs arguent que la Chine n’est pas membre de la CPI

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation en faveur des Ouïghours, aux Pays-Bas le 20 août 2020.
Une manifestation en faveur des Ouïghours, aux Pays-Bas le 20 août 2020. — SOPA Images

Sur le dossier des Ouïghours, la Cour pénale internationale (CPI) ne peut juridiquement rien faire. Les procureurs, basés à La Haye, ont refusé d’enquêter sur la situation de la minorité musulmane dans la région chinoise du Xinjiang, la Chine n’étant pas membre de la CPI. Selon un rapport publié lundi par le bureau de la procureure générale, Fatou Bensouda, une enquête est donc impossible.

En ce qui concerne des déportations forcées de populations ouïghoures vers la Chine en provenance du Tadjikistan et du Cambodge, le bureau de la procureure a estimé qu'« il n’y avait pas à ce stade d’éléments suffisants » pour lancer des enquêtes. Les membres de la communauté ouïghoure en exil estimaient eux que le Tadjikistan et le Cambodge étant parties au traité de Rome à l’origine de la Cour en 2002 et les faits s’étant déroulés sur leurs territoires, la CPI pouvait lancer des enquêtes sur ces déportations dénoncées.

« Camps » contre « Centres de formation professionnelle »

Les Ouïghours constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang, une immense région de la Chine qui a notamment des frontières communes avec l’Afghanistan et le Pakistan. Régulièrement frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes ouïghours, la région est sous haute surveillance policière.

Plus d’un million de personnes, principalement musulmanes, y ont été internées dans des « camps », accusent des organisations de défense des droits de l’Homme. La Chine affirme pour sa part qu’il s’agit de « centres de formation professionnelle », destinés à aider la population à trouver un emploi et ainsi l’éloigner de l’extrémisme religieux.