Au moins quatorze morts dans un naufrage au large du Venezuela

DRAME Les victimes seraient des migrants vénézuéliens qui ont tenté de rejoindre Trinidad-et-Tobago

20 Minutes avec agences

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Le drapeau du Venezuela (illustration).
Le drapeau du Venezuela (illustration). — Pixabay / ALEXANDER RODRIGUEZ

Au moins quatorze migrants vénézuéliens, dont trois enfants, sont morts dans le naufrage d’un bateau entre le Venezuela et Trinidad-et-Tobago samedi. Onze premiers corps ont été repêchés dans l’après-midi lors d’une mission de routine d’un patrouilleur des gardes-côtes, au large de la ville de Güiria. Puis dimanche, « nous avons trouvé sur la plage trois morts, soit deux hommes adultes et une femme », a expliqué le ministère des Relations extérieures, dans un communiqué.

Un nombre indéterminé de passagers sont encore portés disparus. « On présume que le bateau avait à son bord 30 passagers, ce qui signifie qu’il pourrait y avoir de nombreux disparus », a déclaré Robert Alcala, parlementaire de l’État côtier de Sucre, d’où le bateau est supposé être parti. Le communiqué du gouvernement, lui, fait état de 20 passagers à bord du bateau disparu, qui aurait pris la mer le 6 décembre.

Les victimes expulsées de Trinidad-et-Tobago ?

Les corps étaient attachés ensemble quand ils ont été récupérés. Il s’agissait apparemment d’une tentative des victimes de se protéger de la houle avant le naufrage. Ils ont été retrouvés dans un état de décomposition avancé.

Selon Robert Alcala, le bateau avait quitté le Venezuela le 6 décembre pour Trinidad, où ses occupants auraient été détenus et renvoyés vers leur pays à bord du même navire pour immigration illégale. « Les autorités de Trinidad ont commis la faute d’expulser des personnes à bord du bateau avec lequel elles étaient arrivées », a accusé le député, dénonçant par ailleurs la corruption des autorités vénézuéliennes et l’existence de mafias responsables de trafics d’êtres humains opérant entre le Venezuela et Trinidad-et-Tobago.

Plus de cinq millions de Vénézuéliens ont fui

Plus d’une centaine de Vénézuéliens ont disparu entre 2018 et 2019 en entreprenant cette dangereuse traversée, d’après Robert Alcala. Le 28 novembre dernier déjà, les autorités de Trinidad ont expulsé 160 Vénézuéliens, accusés d’être entrés « illégalement » dans le pays par cette voie maritime.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne, le ministre Jorge Arreaza (Parti socialiste unifié), a exprimé « ses sincères condoléances aux familles des victimes », tout en réaffirmant « la nécessité d’approfondir la lutte contre les mafias de traite des êtres humains qui promeuvent l’illégalité ». Selon l’ONU, plus de cinq millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015, contraints par la grave crise politique et économique que traverse le pays. Environ 25.000 d’entre eux ont fui vers Trinidad-et-Tobago, pays insulaire de 1,3 million d’habitants.