Brexit : Un échec des négociations reste l’issue la « plus probable », déclare Boris Johnson

FEUILLETON Londres et Bruxelles ont décidé de poursuivre les négociations mais le temps presse avant le 31 décembre

20 Minutes avec AFP
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Boris Johnson, le premier ministre, devant le 10, Downing Street.
Boris Johnson, le premier ministre, devant le 10, Downing Street. — Frank Augstein/AP/SIPA

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a prévenu ce dimanche qu’un échec des négociations commerciales post-Brexit avec l’Union européenne restait le scénario le « plus probable » malgré la décision du Royaume-Uni et de l’UE de poursuivre leurs discussions. « Je dois répéter que la chose la plus probable maintenant est bien sûr que nous devons nous préparer à [un Brexit] aux conditions de l’Organisation mondiale du commerce », le 1er janvier, a déclaré le dirigeant conservateur à la télévision britannique.

Sans accord commercial d’ici fin décembre, les échanges avec l’UE se feront, à partir du 1er janvier, selon les seules règles de l’OMC, synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d’un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus. Même si un « no deal » n’est pas le résultat souhaité par Londres, « nous avons fait d’énormes préparatifs » à cette éventualité, a dit Boris Johnson, répétant sa conviction, qu’accord ou non, « peu importe ce qu’il arrive, le Royaume-Uni ira très très bien ».

La pêche toujours au cœur du blocage

Les discussions butent sur trois sujets : l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et surtout les conditions que les Européens exigent des Britanniques pour éviter toute concurrence déloyale. « J’ai peur que nous soyons encore très éloignés sur certains points clés, mais là où il y a de la vie, il y a de l’espoir », a dit Boris Johnson. « Les gens s’attendent à ce que nous fassions un effort supplémentaire », a-t-il ajouté, justifiant la décision annoncée dimanche de poursuivre les négociations.

Les équipes du négociateur européen Michel Barnier et de son homologue britannique David Frost, qui ont repris leurs échanges ce dimanche matin après les avoir achevées tard dans la nuit, vont donc continuer leurs tractations, pour l’instant à Bruxelles. Une prolongation ne pourra être que « de quelques jours au maximum », avait cependant averti le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, dans Le Journal du dimanche.

Vers une tension militaire ?

La chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE, a d’ailleurs insisté dimanche sur la nécessité de faire « tout ce qui est possible pour parvenir à un résultat ». La poursuite des discussions « est un bon signal », a estimé le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, dont le pays est en première ligne en cas de « no deal ».

Signe d’un regain de tension, le ministère britannique de la Défense a annoncé que des navires de la Royal Navy se tenaient prêts à protéger les zones de pêche nationales où pourraient survenir des accrochages en cas d’absence d’accord. Le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier, abandonnera définitivement le marché unique et l’union douanière le 31 décembre.