Brexit : La Royal Navy prête à protéger les eaux britanniques en cas de « no deal »

COUP DE TRAFALGAR Quatre navires sont prêts à assurer la souveraineté britannique sur ses zones de pêche

G. N. avec AFP
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La Royal Navy, ici le tout récent HMS Tamar, se tient prête à affronter les chalutiers français dans les eaux de la Manche.
La Royal Navy, ici le tout récent HMS Tamar, se tient prête à affronter les chalutiers français dans les eaux de la Manche. — Fraser Gray//SIPA

A moins de 48 heures de l’échéance pour nouer un accord commercial post-Brexit avec l’Union européenne, des navires de la Royal Navy se tiennent prêts à protéger les zones de pêche britanniques où pourraient survenir des tensions en cas d’échec des négociations. Le négociateur européen Michel Barnier devait s’entretenir samedi à la mi-journée avec son homologue britannique David Frost à Bruxelles, pour d’ultimes discussions avant la décision attendue dimanche sur le sort des négociations post-Brexit.

Si aucun compromis n’est trouvé, le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier 2020 mais continue de respecter les règles européennes pendant une période de transition qui s’achève le 31 décembre, reprendra le contrôle total de ses eaux le 1er janvier prochain. Quatre navires de 80 mètres de long se tiennent prêts à empêcher des chalutiers de l’UE de pénétrer dans les eaux britanniques s’il n’y a pas de nouvel accord sur les droits de pêche, l’un des points de blocage des négociations commerciales.

« Guerres de la morue »

Le ministère de la Défense britannique a confirmé que des navires sont en attente, expliquant avoir « mené une planification intensive et des préparatifs pour s’assurer que la Défense soit prête à divers scénarios à la fin de la période de transition », selon un porte-parole du ministère. Ce déploiement évoque le mauvais souvenir des « guerres de la morue » avec l’Islande sur les droits de pêche dans l’Atlantique Nord, qui ont duré près de vingt ans, avant de finalement trouver un règlement dans les années 70.

Les préparatifs en cas de « no deal » se sont accélérés ces derniers jours des deux côtés de la Manche, le Premier ministre britannique Boris Johnson comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se montrant pessimistes quant à l’issue des pourparlers. Ceux-ci bloquent sur trois sujets : la pêche, le règlement des différends dans le futur accord et les garanties exigées de Londres par l’Union européenne en matière de concurrence.

En déplacement dans le nord de l’Angleterre vendredi, Boris Johnson a jugé « très très probable » l’échec des négociations, qui se poursuivent néanmoins, jusqu’à l’échéance de dimanche. Même pessimisme chez Ursula von der Leyen, qui a déclaré aux dirigeants des 27 réunis en sommet à Bruxelles que les espoirs d’un accord étaient « faibles », ont confié à l’AFP plusieurs participants. Dans le cas d’un « no deal » les échanges de part et d’autre de la Manche risquent de se faire selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotas.