Présidentielle américaine : La route de Joe Biden grande ouverte au collège électoral après les rejets de la Cour suprême

ETATS-UNIS Les 538 grands électeurs votent ce lundi, et les espoirs de Donald Trump ont été anéantis vendredi par la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis

Philippe Berry

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Le président-élu des Etats-Unis, Joe Biden, le 19 novembre 2020.
Le président-élu des Etats-Unis, Joe Biden, le 19 novembre 2020. — Andrew Harnik/AP/SIPA
  • Les Américains n’ont pas directement voté pour Joe Biden et Donald Trump. Avec un scrutin indirect, ils se sont prononcés pour des listes de grands électeurs choisis par les partis. Ces 538 electors se prononcent ce lundi.
  • Sur le papier, Joe Biden a remporté 306 grands électeurs, contre 232 pour Donald Trump. Dans trente-deux Etats, ces derniers sont obligés par la loi de voter pour le candidat choisi par le peuple. Chaque année, une poignée « d’infidèles » se rebelle, mais jamais de quoi inverser les résultats.
  • Vendredi, la Cour suprême a rejeté la plainte du Texas de faire annuler le résultat des élections dans quatre Etats remportés par Joe Biden. Une décision qui anéantit le séisme politique espéré par Donald Trump.

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Le grand jour est arrivé. Ce lundi, les grands électeurs du collège électoral se réunissent dans chaque Etat américain pour désigner le vainqueur de la présidentielle du 3 novembre. Si Joe Biden est, en théorie, assuré de l’emporter, Donald Trump pourrait continuer de contester les résultats jusqu’à leur validation par le Congrès, le 6 janvier. Mais après sa double défaite devant la Cour suprême, mardi et vendredi, c’est peine perdue.

Le collège électoral, une formalité pour Biden

Les Américains n’ont pas directement voté pour Joe Biden et Donald Trump. Avec un scrutin indirect, ils se sont prononcés pour des listes de grands électeurs choisis par les partis. Au total, 538 electors vont se réunir ce lundi dans le Capitole de chaque Etat, pour la plupart autour de la mi-journée.

Sur le papier, Joe Biden a remporté 306 grands électeurs, contre 232 pour Donald Trump. Et si le président sortant a tenté de faire pression sur les législatures républicaines de Pennsylvanie et du Michigan pour remplacer leurs grands électeurs, il n’est pas parvenu à ses fins. Dans trente-deux Etats, ces derniers sont obligés par la loi de voter pour le candidat choisi par le peuple. Chaque année, une poignée « d’infidèles » se rebelle, mais jamais de quoi inverser les résultats. Avec une marge conséquente, Joe Biden devrait dépasser la barre de la majorité des 270 grands électeurs avec le vote de la Californie à 14 heures (23 heures, heure de Paris).

Les espoirs de Trump anéantis par la Cour suprême

Selon Donald Trump, c’était le « big one ». Mais le séisme politique et institutionnel qu’il espérait n’a pas eu lieu. Vendredi, la Cour suprême des Etats-Unis a rejeté la plainte du Texas, que soutenait le président américain, plus de 100 élus et dix-sept Etats républicains. Elle cherchait à faire annuler le verdict des urnes dans quatre Etats remportés par Joe Biden, mais la Cour a expliqué que le Lone Star State n’avait « pas démontré juridiquement » qu’il pouvait dicter « la manière dont d’autres Etats organisent le scrutin ».

Au total, les avocats du président américain et de ses alliés ont essuyé plus de cinquante revers devant la justice, qui n’a jamais été convaincue par les accusations sur une soi-disant fraude. Même si plusieurs recours sont encore dans les tuyaux, « aucun ne pourra aboutir » après le vote du collège électoral, estime le professeur de droit Rick Hasen sur son site Election law blog.

Des élus républicains veulent jouer les trouble-fêtes

Joe Biden devra malgré tout attendre avant de préparer son discours d’investiture. Des élus républicains ont déjà annoncé qu’ils allaient contester les résultats du collège électoral au Congrès, le 6 janvier. En cas d’objection d’un représentant et d’un sénateur, un débat de deux heures est prévu, puis le Sénat et la Chambre votent au complet. Majoritaires à la Chambre, les démocrates peuvent donc, en cas de besoin, bloquer toute tentative de rébellion. C’est bien Joe Biden qui prêtera serment pour devenir, le 20 janvier, le 46e président des Etats-Unis.