Affaire Navalny : Vladimir Poutine affirme ne pas voir de fondements pour une enquête

DECISION « Si une personne a failli mourir, cela ne veut pas dire qu’il faut chaque fois ouvrir une enquête criminelle », estime le président russe

20 Minutes avec AFP

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Le président russe Vladimir Poutine le 1er septembre au Kremlin.
Le président russe Vladimir Poutine le 1er septembre au Kremlin. — Mikhail Klimentyev/AP/SIPA

Il n’y a pas de fondements pour ouvrir une enquête en Russie sur l’empoisonnement du principal opposant russe Alexeï Navalny, victime d’une attaque présumée à un agent neurotoxique en été, a estimé le président russe, Vladimir Poutine, ce jeudi.

« Si une personne a failli mourir, cela ne veut pas dire qu’il faut chaque fois ouvrir une enquête criminelle », a-t-il déclaré lors d’une réunion jeudi du Conseil consultatif pour les droits de l’Homme auprès du Kremlin, dont le verbatim complet a été publié vendredi.

Le Novitchok en cause ?

Fin août, l’opposant et militant anti-corruption Alexeï Navalny avait fait un grave malaise lors d’un vol en Sibérie. Après deux jours d’hospitalisation, il avait été autorisé à être soigné en urgence en Allemagne, sous la pression de ses proches. Selon trois laboratoires européens, notamment français et allemand, dont les conclusions ont été confirmées par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), Alexeï Navalny a été empoisonné par un agent neurotoxique du groupe Novitchok, une substance conçue par des spécialistes soviétiques à des fins militaires.

Toujours en convalescence en Allemagne, l’opposant a accusé le président russe Vladimir Poutine d’être derrière son empoisonnement, une mise en cause réfutée par Moscou. La diplomatie russe a également accusé à plusieurs reprises les Européens de ne pas vouloir transmettre à la Russie les données médicales de Alexeï Navalny, en dénonçant leur refus de coopérer dans cette affaire.

La Russie va « avec plaisir enquêter sur cette affaire, et le faire minutieusement »

« Le Parquet général russe a demandé à plusieurs reprises à ses collègues (européens) d’envoyer au moins une conclusion officielle écrite faite à l’issue de leurs examens », a rappelé Vladimir Poutine. « Nos experts sont prêts à se rendre à l’étranger – en France, en Allemagne – (…) chez ces experts qui affirment avoir trouvé des substances toxiques militaires », a-t-il assuré. « Mais personne ne nous invite (…) et on ne nous transmet pas de données officielles, ni de matériaux biologiques », a poursuivi Vladimir Poutine.

Selon le maître du Kremlin, la Russie va « avec plaisir enquêter sur cette affaire, et le faire minutieusement ». « Montrez-nous où est ce Novitchok ! », a lancé le président russe. « Mais personne ne nous donne rien (…) et c’est le problème », a-t-il souligné. Au gré des versions, les autorités russes avaient par le passé rejeté tout empoisonnement ou alors accusé tantôt les services secrets occidentaux, les proches de Alexeï Navalny ou l’opposant lui-même d’en être les auteurs.