Espagne : Un entrepôt désaffecté où vivaient des migrants prend feu, trois morts

CATASTROPHE Selon les pompiers, d’autres victimes pourraient encore être retrouvées dans les décombres mais les recherches sont compliquées par des risques d’effondrement

20 Minutes avec agences

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L'incendie d'un entrepôt désaffecté à Badalone, près de Barcelone (Espagne) a fait trois morts mercredi 9 décembre 2020.
L'incendie d'un entrepôt désaffecté à Badalone, près de Barcelone (Espagne) a fait trois morts mercredi 9 décembre 2020. — Joan Mateu/AP/SIPA

Trois personnes sont mortes et une vingtaine d’autres ont été blessées dans l’incendie d’un entrepôt industriel abandonné près de Barcelone ( Espagne) ce mercredi soir. Le bâtiment était habité par 100 à 200 migrants dans des conditions très précaires.

L’incendie a démarré vers 21 h. Ce jeudi, le bilan faisait état de trois morts mais les pompiers n’écartaient pas que d’autres victimes soient encore retrouvées. L’accès du bâtiment de trois étages, situé à Badalone, est risqué en raison des dommages subis par la structure qui font craindre un effondrement. Les équipes de secours poursuivent leurs recherches avec des drones et des chiens.

Une panne de courant à l’origine du sinistre ?

Sept blessés sont dans un état grave. Certains ont sauté du bâtiment afin d’échapper aux flammes. Ce jeudi, de la fumée sortait encore des fenêtres du bâtiment tandis qu’une odeur de brûlé était perceptible dans tout le quartier. Les images diffusées par les chaînes locales et sur les réseaux sociaux montrent des flammes impressionnantes et plusieurs individus grimpant sur la façade pour fuir.

Le bâtiment désaffecté était occupé par des migrants en situation irrégulière, venus principalement d’Afrique et travaillant comme vendeurs ambulants ou dans la collecte de ferraille. Leurs conditions de vie y étaient très précaires, sans eau courante et avec des coupures d’électricité constantes.

Une panne de courant pourrait être à l’origine du sinistre. Selon un des migrants qui vivaient là, l’électricité a été coupée avant 21 h alors qu’ils essayaient de la rétablir, et une bougie aurait mis le feu à un matelas. « J’étais sur la terrasse, raconte-t-il. Quand j’ai entendu des cris, je suis entré. Je pouvais à peine respirer et on ne voyait presque rien parce qu’il n’y avait pas de lumière. »

Un cercle vicieux pour la régularisation des migrants

Selon la mairie de Badalone, au moins 60 personnes vivant dans cet entrepôt ont été identifiées après l’incendie. D’autres sont parties par les fenêtres arrière du bâtiment par crainte d’être interpellées. Le maire de la ville, le conservateur Xavier García Albiol, partisan de la manière forte contre l’immigration clandestine, affirme qu’il avait tenté d’expulser les migrants à plusieurs reprises.

« Personne ne veut vivre comme ça, rétorque Seydou Camara, un Sénégalais qui vivait dans l’entrepôt. Nous voulons tous louer un appartement. Mais si tu n’as pas de papiers, comment peux-tu louer un appartement ? » Depuis trois ans, ce jeune homme tente d’obtenir des papiers, mais doit pour cela disposer d’un contrat de travail… auquel il ne peut prétendre car il n’a pas de papiers.

Ce cercle vicieux oblige de nombreux migrants à vivre dans les entrepôts désaffectés des anciennes friches industrielles de Barcelone et de sa périphérie. « Nous dénonçons la responsabilité de l’administration qui nie le droit des migrants à avoir un logement décent et des papiers », a lancé sur Twitter le syndicat Mantero qui défend les vendeurs ambulants des rues de Barcelone.