Nucléaire iranien : La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni « profondément préoccupés » par de nouvelles centrifugeuses

ATOME Les Européens appellent Téhéran à collaborer avec la nouvelle administration américaine de Joe Biden. Ces centrifugeuses pourraient mettre en péril cette relation

20 Minutes avec AFP
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Le centre iranien de recherche nucléaire de Natanz, le 2 décembre 2020.
Le centre iranien de recherche nucléaire de Natanz, le 2 décembre 2020. — HENGHAMEH FAHIMI / AFP

En Iran, l’installation de trois centrifugeuses avancées sur le principal site d’enrichissement d’uranium du pays, Natanz, est « profondément préoccupante », soulignent ce lundi la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni dans un communiqué conjoint.

Selon les termes de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 à Vienne (JCPoA), que Paris, Berlin et Londres s’efforcent de préserver malgré sa dénonciation par les Etats-Unis, l’Iran n’est pas autorisé à utiliser des centrifugeuses aussi perfectionnées. Les Européens appellent Téhéran à ne pas « mettre en péril l’importante opportunité de revenir à la diplomatie que représente l’arrivée de la nouvelle administration américaine » sous la présidence de Joe Biden, qui a exprimé sa volonté de réintégrer les Etats-Unis à l’accord de Vienne.

Une loi controversée au Parlement

Les porte-parole des ministères des Affaires étrangères français, allemand et britannique expriment en outre leur « vive préoccupation » après l’adoption par le Parlement iranien d’une loi controversée sur la question nucléaire qui, « si elle est mise en œuvre, se traduira par un développement important du programme d’enrichissement de l’Iran et par une capacité d’accès réduite de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) ».

Selon les médias iraniens, le texte somme le gouvernement à prendre immédiatement des dispositions pour produire et stocker au « moins 120 kilogrammes par an d’uranium enrichi à 20 % » et l’appelle à « mettre fin » aux inspections de l’AIEA. Toutefois, pour être promulguée, cette loi doit encore être signée par le président iranien Hassan Rohani, qui s’y est dit opposé.

Biden favorable à l’accord de Vienne

« Si l’Iran souhaite sérieusement préserver un espace pour la diplomatie, il ne doit pas mettre en œuvre ces mesures », concluent les trois pays européens, en soulignant qu'« un retour au JCPoA aurait également des bénéfices pour l’Iran ».

Le président américain Donald Trump a sorti son pays de l’accord de Vienne en mai 2018, avant de rétablir des sanctions ayant plongé la République islamique dans une violente récession. En riposte, Téhéran s’est désengagé à partir de mai 2019 de la plupart de ses engagements clef pris à Vienne.

Depuis l’annonce de la victoire de Joe Biden à la présidentielle du 3 novembre, Hassan Rohani multiplie les signaux d’ouverture à l’intention du prochain gouvernement américain. Joe Biden a dit sa volonté de réintégrer les Etats-Unis à l’accord de Vienne, mais la voie qu’il propose est jugée inacceptable par le gouvernement iranien.