Iran : Mohsen Fakhrizadeh, figure du nucléaire iranien, tué par une mitrailleuse contrôlée par satellite

ENQUETE L’Iran avait affirmé la semaine dernière que son scientifique avait été victime d’une opération « complexe » impliquant des moyens « complètement nouveaux »

20 Minutes avec AFP

— 

Hommage à Mohsen Fakhrizadeh dans les rues de Téhéran, le 30 novembre 2020.
Hommage à Mohsen Fakhrizadeh dans les rues de Téhéran, le 30 novembre 2020. — ATTA KENARE / AFP

L’un des plus hauts responsables du nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, aurait été tué par une mitrailleuse contrôlée par satellite, a indiqué dimanche le commandant en chef adjoint des Gardiens de la Révolution.

Fakhrizadeh a été tué le 27 novembre alors qu’il circulait sur une autoroute avec une équipe de sécurité composée de onze Gardiens de la Révolution. La mitrailleuse a « zoomé » sur son visage et a tiré treize balles, a précisé le contre-amiral Ali Fadavi, cité par l’agence de presse Mehr. L’arme automatique, juchée sur un pick-up, « s’est concentrée simplement sur le visage du martyr Fakhrizadeh d’une façon telle que sa femme, qui se trouvait à seulement 25 centimètres, n’a pas été touchée par une balle », a-t-il ajouté.

Israël accusé d’être responsable

Cet engin était « contrôlé par Internet » via satellite et il a utilisé une « caméra sophistiquée et une intelligence artificielle » pour trouver sa cible, a poursuivi Ali Fadavi, précisant que le chef de la sécurité du scientifique a reçu quatre balles « lorsqu’il s’est jeté » sur lui pour le protéger. « Aucun terroriste ne se trouvait sur les lieux », a-t-il relevé. L’agence Mehr, et d’autres médias locaux, n’ont pas précisé si Ali Fadavi avait mentionné la mort d’autres personnes lors de cette attaque.

Les autorités iraniennes ont accusé Israël et les Moudjahidine du Peuple, groupe d’opposition interdit en Iran, d’être responsables de cet assassinat. Plusieurs versions de la mort du scientifique ont été données après l’attaque. Le ministre de la Défense Amir Hatami a indiqué dans un premier temps qu’il avait été victime d’une attaque à l’explosif avec une fusillade tandis que l’agence de presse Fars, sans citer de sources, affirmait quelques jours plus tard qu’une « mitrailleuse automatique télécommandée » et montée sur un pick-up avait été utilisée.

Après sa mort, Amir Hatami l’a présenté comme son vice-ministre et chef de l’Organisation de la recherche et de l’innovation en matière de défense (Sépand, selon l’acronyme en persan). Il « gérait la défense antiatomique », a-t-il précisé.