Brexit : Les blocages persistent dans les discussions de la dernière chance

TO DEAL OR NOT TO DEAL ? Un éventuel accord commercial devra être ratifié par les parlements britannique et européen avant d’entrer en vigueur au plus tard le 1er janvier

20 Minutes avec AFP

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Michel Barnier, négociateur du Brexit pour l'Union européenne, le 7 décembre 2020.
Michel Barnier, négociateur du Brexit pour l'Union européenne, le 7 décembre 2020. — John Thys/AP/SIPA

Des heures et des heures de discussion mais toujours pas d’avancée sur les principaux points de blocage de l’accord post-Brexit. Alors que des avancées étaient attendues ce week-end, les négociations n’ont pas abouti au lendemain d’une première journée de négociations supplémentaires, selon plusieurs sources européennes.

Le négociateur européen Michel Barnier a informé ce lundi les ambassadeurs des Vingt-Sept qu’aucune avancée n’avait eu lieu depuis la reprise des pourparlers dimanche qui ont duré jusqu’à minuit, ont indiqué des sources diplomatiques. Les trois points de blocage restent les mêmes : la pêche, les conditions de concurrence équitable et le futur mécanisme de règlement des conflits.

Des négociations « intenses »

« On arrive en bout de course, le temps commence à manquer. En dépit d’intenses négociations, les divergences n’ont pas été comblées », s’est inquiété un diplomate européen. L’UE « est prête à faire un pas supplémentaire pour décrocher un accord juste, durable et équilibré. C’est au Royaume-Uni de choisir entre ce dénouement positif ou un + no deal + », a-t-il souligné.

Le Premier ministre irlandais, Micheal Martin, a reconnu sur la chaîne RTE que les échanges étaient « à un tournant très difficile » et appelé les négociateurs à faire preuve de « toute la créativité possible ». « Mon instinct me dit que c’est 50/50, je ne pense pas qu’on puisse être trop optimiste », a-t-il concédé. « Nous allons travailler très dur pour obtenir un accord », a pour sa part promis le négociateur en chef britannique David Frost à son arrivée à Bruxelles.

La pression du calendrier

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen feront un nouveau point lundi dans la soirée, sous la pression toujours plus forte du calendrier, puisqu’un éventuel accord commercial devra encore être ratifié par les parlements britannique et européen avant d’entrer en vigueur le 1er janvier.

Côté UE, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, considère qu’un choix devra être fait « dans les prochains jours ». Car en cas de « no deal », « il vaut mieux le savoir maintenant qu’à Noël », a-t-il expliqué au Journal du Dimanche. L’Allemagne, qui occupe actuellement la présidence de l’UE, a rappelé qu’elle n’accepterait pas un accord « à n’importe quel prix ». Un engagement destiné à rassurer les Européens : des tensions sont apparues dans la semaine entre les Vingt-Sept, certains craignant que l’UE, poussée par Berlin, n’accorde des concessions trop importantes pour éviter un « no deal ».

Les remous du dossier pêche

L’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, un sujet hypersensible pour certains Etats membres, fait partie des trois points qui bloquent les discussions depuis mars. A cela il faut ajouter la façon de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées par l’UE en matière de concurrence en échange d’un accès britannique sans quota ni tarif à son grand marché. Selon un diplomate européen, une « zone d’atterrissage » semblait se dessiner dimanche soir sur la question de la pêche, faisant des conditions de concurrence équitables la question la plus difficile. Les pourparlers avancent « lentement », a-t-il estimé, jugeant « faible » la probabilité de trouver un compromis d’ici lundi soir.

Cette nouvelle séquence de 48 heures ne sera donc peut-être pas la dernière, tant la saga du Brexit a été riche en rebondissements. Quel que soit le résultat lundi soir, la future relation avec Londres devrait de toute façon être l’un des sujets chauds du sommet européen jeudi et vendredi à Bruxelles.