Hong Kong : Le jeune militant prodémocratie, Joshua Wong, condamné à treize mois de prison

CONTESTATION Joshua Wong, visage de la révolution des parapluies, est dans le viseur du gouvernement chinois depuis plusieurs années en raison de son opposition aux ingérences de Pékin dans les affaires hongkongaises

E.Pe. avec AFP
Qui est Joshua Wong, le jeune militant hongkongais qui tient tête à la Chine ? — 20 Minutes
  • Le jeune Joshua Wong, l’une des figures les plus connues de la contestation à Hong Kong, a écopé de treize mois et demi de prison pour avoir manifesté devant le quartier général de la police hongkongais le 21 juin 2019 et réclamé une enquête indépendante sur les « violences » imputées aux forces de l’ordre.
  • Deux de ses camarades de lutte, Agnes Chow et Ivan Lam, ont été condamnés respectivement à dix et sept mois de détention.
  • Depuis le début de l’année, presque toutes les manifestations ont été interdites depuis par les autorités hongkongaises et depuis fin juin, une loi sur la sécurité nationale interdit l’expression de certaines opinions politiques.

Une de plus. Joshua Wong, l’une des figures les plus connues de la contestation à Hong Kong, et deux autres célèbres militants, ont écopé d’une nouvelle condamnation pour leur rôle dans les manifestations de l’an passé. Le jeune militant prodémocratie, âgé de 24 ans, a écopé de treize mois et demi de prison, tandis que ses camarades Agnes Chow et Ivan Lam, tous deux âgés de 26 ans, ont été condamnés respectivement à dix et sept mois de détention pour avoir manifesté devant le quartier général de la police hongkongaise, le 21 juin 2019.


« Ce n’est pas la fin du combat. Nous nous joignons maintenant à la bataille en prison aux côtés de nombreux manifestants courageux, moins visibles mais essentiels dans la lutte pour la démocratie et la liberté pour Hong Kong », a publié Joshua Wong sur son compte Twitter, quelques minutes après l’annonce de sa condamnation.

Lors du procès qui s’est tenu le 23 novembre, les trois dissidents avaient plaidé coupable des faits qui leur étaient reprochés. Ils avaient été placés en détention provisoire en attendant l’annonce de la décision du tribunal.

Des mois de contestations et de violences

Le 21 juin 2019, le siège de la police et les commissariats de quartiers avaient été pris pour cibles par des manifestants qui demandaient, notamment, une enquête indépendante sur les « violences » qu’ils imputaient aux forces de l’ordre.

Quelques jours plus tôt, d’importantes manifestations avaient éclaté en réponse à un projet de loi largement décrié autorisant les extraditions vers la Chine depuis Hong Kong. Un mouvement de contestation suivi par sept mois de manifestations quasi quotidiennes, émaillées de violentes échauffourées entre policiers et manifestants.

Joshua Wong lors des manifestations du 21 juin 2019, à Hong Kong.
Joshua Wong lors des manifestations du 21 juin 2019, à Hong Kong. - Miguel Candela / SOPA Images/Si/SIPA

Joshua Wong, vieux briscard de la lutte politique du haut de ses 24 ans, a déjà effectué des séjours derrière les barreaux. En 2017, trois ans après le mouvement des parapluies il avait été inculpé pour rassemblement illégal en raison de l’assaut du Civic square, en septembre 2014. Il avait été condamné à une peine de six à huit mois de prison et avait finalement passé soixante-neuf jours en prison. A nouveau condamné à trois mois de prison en janvier 2018, il avait été libéré sous caution dix jours plus tard.

Une ingérence chinoise de plus en plus prégnante

Presque toutes les manifestations ont été interdites depuis le début de l’année par les autorités hongkongaises. Plus de 10.000 personnes ont été arrêtées au cours des dix-huit derniers mois et la plupart des principales figures de l’opposition sont l’objet de poursuites judiciaires.

Fin juin, Pékin a imposé une loi draconienne sur la sécurité nationale imposée qui interdit l’expression de certaines opinions politiques. En juillet, bibliothèques et écoles ont reçu pour consigne de revoir leurs collections et de retirer les titres susceptibles de tomber sous le coup de la loi, et notamment les écrits de militants prodémocratie comme Joshua Wong. Au mois d’août, des policiers ont perquisitionné au siège du journal prodémocratie Apple Daily et ont arrêté son patron, le magnat Jimmy Lai.

Enfin, début novembre, quatre parlementaires prodémocratie ont été évincés en raison de leurs prises de position. Par solidarité, les autres élus de l’opposition ont démissionné en bloc.