Présidentielle américaine : Le ministère de la Justice n’a « pas vu de fraude » qui aurait changé le résultat de l’élection

ETATS-UNIS Selon le ministre de la Justice Bill Barr, il n'y a pas de preuve de fraude à grande échelle, contrairement à ce qu'ont avancé les avocats du président américain

P.B.

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Le ministre américain de la Justice, Bill Barr, le 14 octobre 2020.
Le ministre américain de la Justice, Bill Barr, le 14 octobre 2020. — Jeff Roberson/AP/SIPA

Le département de la Justice se désolidarise de Donald Trump. « A ce stade, nous n’avons pas vu de fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l’élection » présidentielle, a déclaré mardi l’Attorney general (ministre de la Justice) Bill Barr dans un entretien à l’agence Associated Press. Son ministère, dont dépend le FBI, a notamment enquêté sur les machines à voter utilisant le logiciel mis au point par l’entreprise Dominion, sans trouver de preuve que des votes aient été changés comme l’avait affirmé une ex-avocate de Donald Trump. Le président américain répète lui-même sur Twitter que l’élection a été « truquée ».

Fervent soutien de Donald Trump, Bill Barr avait autorisé ses services, il y a trois semaines, à enquêter « sur des allégations substantielles d’irrégularités concernant les votes ou le comptage de bulletins » lors de la présidentielle du 3 novembre. « Il y a eu des allégations de fraudes systématiques, selon lesquelles des machines auraient été programmées pour fausser les résultats des élections », a-t-il rappelé à AP. Mais les ministères de la Sécurité intérieure et de la Justice « ont enquêté et, pour l’instant, n’ont rien trouvé pour les étayer. »

Ultime recours de Donald Trump dans le Wisconsin

Ces propos de Bill Barr interviennent alors que les six Etats les plus serrés (Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin, Géorgie, Nevada et Arizona) ont désormais tous validé les résultats du scrutin et la victoire de Joe Biden. Mais le président américain ne rend pas les armes, à deux semaines du vote officiel des grands électeurs du collège électoral, qui doit avoir lieu le 14 décembre.

Mardi, son équipe légale a déposé un ultime recours devant la Cour suprême du Wisconsin pour contester plus de 200.000 bulletins postaux, affirmant qu’ils avaient pu être envoyés à des électeurs qui n’en avaient pas directement fait la demande. En Pennsylvanie, après une défaite en première instance et en appel, l’avocat de Donald Trump Rudy Giuliani a promis qu’il demanderait à la Cour suprême de se saisir du dossier. Mais parce que la plainte est avant tout technique sans faire mention de fraude, les neuf juges pourraient décider de botter en touche et refuser de se pencher sur la question. Pour Donald Trump, tout n’est cependant pas perdu : en surfant sur ses accusations de fraude, le président américain a déjà levé plus de 150 millions de dollars auprès de ses supporteurs. Une somme qu’il pourra utiliser pour rembourser des dettes de campagne… Ou financer sa prochaine aventure.