Coronavirus en Allemagne : Des restrictions anti-virus jusqu'au printemps ?

EPIDEMIE Dans le même temps, quelque 600 délégués du parti d’extrême droite allemand ont entamé un congrès controversé

L.Gam. avec AFP

— 

Peter Altmaier, le ministre de l'Economie allemand, le 30 octobre 2020 à Berlin.
Peter Altmaier, le ministre de l'Economie allemand, le 30 octobre 2020 à Berlin. — Michele Tantussi/AP/SIPA Ville : Berlin

Les mesures de restrictions visant à combattre le coronavirus sont susceptibles de se prolonger jusqu’au printemps en Allemagne, a prévenu le ministre de l’Economie dans un entretien ce samedi. « Nous avons trois ou quatre longs mois d’hiver devant nous », a dit Peter Altmaier au quotidien Die Welt. « Beaucoup dépendra » de l’arrivée d’un vaccin, a-t-il dit. Mais « il est possible que les restrictions se poursuivent aussi dans les premiers mois de 2021 », a-t-il ajouté.

Dans le même temps, quelque 600 délégués du parti d’extrême droite allemand, qui affiche sa solidarité avec le mouvement des opposants au port du masque, ont entamé un congrès controversé. Le co-président de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) Tino Chrupalla a dénoncé d’entrée « la politique d’Etat d’urgence » menée par le gouvernement d’Angela Merkel contre le coronavirus. « Des vies sont brisées, une vague de faillites est déjà en cours (…) Beaucoup de gens perdent leur emploi », a-t-il déclaré.

Un durcissement des mesures mercredi

L’Allemagne, qui a plutôt mieux résisté à la pandémie que de nombreux pays voisins mais peine actuellement à endiguer la deuxième vague de Covid-19, a décidé mercredi de durcir ses mesures de lutte contre le virus. L’objectif est de réduire encore davantage les possibilités de contacts jusqu’à début janvier, en limitant à cinq le nombre des participants aux réunions familiales par exemple, avec des exceptions pour les fêtes de fin d’année.

Devant les députés, la chancelière Angela Merkel avait justifié ce nouveau tour de vis par le niveau toujours « trop élevé » des nouvelles infections, alors même qu’elles étaient en train de « baisser à grande vitesse dans certains pays voisins », sans les citer. En Allemagne, les nouveaux cas quotidiens dépassaient encore les 21.000 samedi, tandis que le nombre des décès a augmenté en 24 heures de 379, pour un total de 15.965, selon l’institut de veille sanitaire Robert Koch.

Un rassemblement légal

Le rassemblement de l’AfD, lui, se tient jusqu’à dimanche à Kalkar, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, sur les lieux d’une ancienne centrale nucléaire jamais entrée en service, transformée en parc de loisir et complexe hôtelier. Le chef du premier parti d’opposition allemand a exhorté les délégués à observer scrupuleusement le respect des gestes barrières et le port du masque de protection, condition sine qua non à la poursuite du rassemblement.

L’AfD a prévu son propre service d’ordre pour veiller à l’application des consignes dans le bâtiment qui rassemble au total quelque 800 personnes, collaborateurs du parti et journalistes compris. Selon la police, environ 500 personnes manifestaient pacifiquement contre la tenue du congrès à l’appel d’un collectif « Debout contre le racisme » composé d’ONG, de partis et de syndicats.

La maire de Kalkar Britta Schulz a dénoncé une décision « irresponsable » de la part de l’AfD, craignant l’émergence d’un nouveau hot spot d’infection au virus. Les autorités ont toutefois dû donner leur aval car le congrès, qui doit aboutir à l’élection de divers membres de la direction du parti, entre dans la catégorie des exceptions prévues dans la région.

L’Allemagne peine à enrayer la 2e vague

L’Allemagne a dépassé vendredi le million de cas de coronavirus depuis le début de la pandémie, et enregistré près de 16.000 décès, selon les données de l’institut de veille sanitaire Robert Koch.

Angela Merkel, qui doit boucler l’an prochain son quatrième et dernier mandat, atteint de son côté des records de popularité, la majorité des Allemands saluant sa gestion de la crise sanitaire.