Michelle Obama, first lady mal habillée?

REVUE DE WEB Le débat fait rage sur le Net au sujet de la robe portée mardi pour l'investiture de son mari, Barack Obama...

Sandrine Cochard

— 

Michelle Obama, la "première Première Dame noire" des Etats-Unis, a grandi dans les faubourgs pauvres de Chicago (nord), où cette brillante juriste a vécu de près les inégalités de la société américaine.
Michelle Obama, la "première Première Dame noire" des Etats-Unis, a grandi dans les faubourgs pauvres de Chicago (nord), où cette brillante juriste a vécu de près les inégalités de la société américaine. — Chip Somodevilla AFP/Getty Images

Le petit monde de la mode avait spéculé sur la toilette idéale que devrait porter Michelle Obama pour la cérémonie d'investiture de son mari. Las. La first lady a opté pour une robe couleur or et un manteau assorti qui ont affolé la Toile autour d’un débat: faute de goût ou audace vestimentaire?
 
>> Lire le portrait de Michelle Obama

 
Bling bling
 
Première transgression de Michelle: le choix de la couleur or («citronnelle» selon l’AFP) tranche avec les tons traditionnellement adoptés dans les grandes occasions par les femmes politiques américaines (rouges, blancs ou bleus). Oui mais le jaune, c’est la couleur de l’espoir, rétorque Isabel Toledo, la styliste cubaine qui a créé l’ensemble (bah oui, aux Etats-Unis, le vert, c’est la couleur du dollar). «Je voulais une couleur très optimiste, qui a du soleil, a-t-elle assuré mardi à la critique de mode du «New York Times», Cathy Horyn. Je voulais qu'elle se sente charmée, et que de cette manière, elle puisse charmer tout le monde.» Une opinion partagée par le magazine «Time» qui salue la classe et le glamour de la première dame.
 
Mais le rayon de soleil n’a pas ébloui tout monde. Un sondage réalisé par le magazine people «US Weekly» affirme que 55% des lecteurs l'ont détesté, quand 44% l'ont adoré. Le site people TMZ a même jugé cette robe «glitter», comprendre «bling bling».
 
Style Michelle
 
Bonnie Fuller, ancienne rédactrice en chef du magazine «Glamour», reconnaît un choix audacieux. «Elle a délibérément opté pour un style qui ne fasse pas première dame, explique-t-elle sur son blog. A travers ce choix de couleur, elle nous dit qu’elle est indépendante, fière, jeune et qu’elle a confiance en elle.»
 
Et il lui en faut de la confiance car n’essuie Michelle Obama pas là ses premières critiques vestimentaires. Déjà le 4 novembre, jour de l’élection qui avait vu triomphé Barack Obama, les langues acérées avaient vilipendé sa robe rouge et noire Narciso Rodriguez car elle la «boudinait». Outre la nécessité pour Michelle Obama de composer avec un physique imposant (elle mesure 1,82m), l’ancienne avocate a également dû casser son image de femme distante, voire élitiste. En juin dernier, elle était apparue dans une robe noire et blanche à 148 dollars pour l’émission «The View», très populaire aux Etats-Unis. Le lendemain, les boutiques étaient dévalisées.
 
Faisant fi des critiques, Michelle Obama a imposé son style qui préfère «laisser la chance aux stylistes éclectiques mais résolument modernes et élégants», note le magazine «Gala». Un style pudiquement taxé d’original pour certains, qui rappelle l’élégance d’une Jackie Kennedy pour d’autres. Au final, les critiques s’accordent sur un point: Michelle Obama pourrait inculquer à Washington une autre idée de la mode.