Aéroport de Doha : Les parents du bébé abandonné identifiés après les examens gynécologiques forcés

SCANDALE Le nouveau-né avait été jeté dans une poubelle des toilettes le 2 octobre dernier, et des examens gynécologiques avaient été menés sur plusieurs passagères

20 Minutes avec Agences

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La mère du bébé abandonné à l'aéroport de Doha risque 15 ans de prison.
La mère du bébé abandonné à l'aéroport de Doha risque 15 ans de prison. — KARIM JAAFAR / AFP

Le Qatar a annoncé lundi 23 novembre avoir identifié les parents du nouveau-né retrouvé début octobre à l’aéroport de Doha. Une découverte qui avait poussé des responsables de l’aéroport à contraindre des passagères à subir des examens gynécologiques, provoquant un scandale. « Les enquêtes ont révélé que la mère du nourrisson (…) a jeté le nouveau-né dans une poubelle des toilettes du terminal des départs de l’aéroport et a embarqué dans l’avion vers sa destination », a indiqué le procureur de Doha, dans un communiqué.

Selon lui, les parents du bébé (une fille) sont originaires de « pays asiatiques ». Le Qatar utilise en général ce qualificatif pour les personnes d’Asie du Sud, d’où viennent un grand nombre de travailleurs immigrés dans ce petit Etat. Il a précisé que des démarches avaient été entreprises pour « arrêter la fugitive ». Celle-ci se trouve à l’étranger et risque quinze ans de prison. Elle est qualifiée de « condamnée », ce qui pourrait suggérer qu’elle a été jugée in absentia. Deux sources à Doha ont indiqué que les autorités qataries avaient saisi Interpol pour son arrestation.

Elle aurait indiqué au père avoir jeté le bébé

La mère « a eu une relation avec une personne ayant également la nationalité d’un pays asiatique et cette relation a abouti au nourrisson qui a été trouvé », a également précisé le procureur, précisant que le père avait « admis avoir eu une relation avec la mère du nouveau-né ». Selon le procureur, la mère « lui a envoyé un message avec une photo du nouveau-né juste après la naissance » et lui a indiqué avoir jeté le bébé avant de quitter le pays.

Des analyses ADN ont confirmé l’identité des parents. Tous les expatriés s’installant pour une longue durée au Qatar sont tenus de donner une grosse quantité de sang au cours du processus administratif.

Les responsables des « violations » poursuivis en justice

Des passagères, dont deux Britanniques et au moins treize Australiennes, de dix avions de Qatar Airways au départ de Doha, ont été soumises à des examens gynécologiques après la découverte du bébé dans les toilettes de l’aéroport le 2 octobre. Il s’agissait pour les autorités de l’aéroport de déterminer si l’une d’entre elles avait accouché récemment.

Le Qatar, qui a fait face à un flot de critiques internationales après la révélation de ces examens forcés fin octobre, a annoncé quelques jours plus tard que les responsables de ces « violations » seraient poursuivis en justice.