Coronavirus en Belgique : Une jeune coiffeuse met fin à ses jours et devient le symbole de la détresse des commerçants

EPIDEMIE La jeune femme de 24 ans venait d’ouvrir son salon avant de devoir fermer en raison du confinement lié à l’épidémie de coronavirus

M.L. avec AFP

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Allyson Jadin, a mis fin à ses jours à Liège, en Belgique.
Allyson Jadin, a mis fin à ses jours à Liège, en Belgique. — Facebook
  • Une jeune coiffeuse belge de 24 ans s’est suicidée il y a une semaine à Liège.
  • Elle venait d’ouvrir son propre salon lorsque le confinement a été décrété en Belgique.
  • Son entourage affirme que son geste désespéré est en lien avec la crise du coronavirus.

Un pays en émoi. Dimanche, à Liège, en Belgique, entre 200 et 300 personnes se sont rassemblées pour rendre hommage à Alysson Jadin, une jeune coiffeuse retrouvée morte, lundi. Son suicide est devenu le symbole de la détresse des indépendants face à la pandémie de coronavirus.

Après avoir observé une minute de silence et lâché des ballons devant la gare de cette ville wallonne, les participants au rassemblement ont marché jusqu’au barber shop de la jeune femme de 24 ans, derrière une banderole « Ni oubli ni pardon ». « Alysson, tu es essentielle », a crié l’une des participantes.

Son entourage fait le lien avec la crise sanitaire

Le corps d’Alysson Jadin, 24 ans, a été découvert lundi. La jeune femme n’a laissé aucune explication écrite sur son geste, d’après les premiers éléments disponibles. Pour autant, dans son entourage, tout le monde a fait le lien avec les difficultés de son activité provoquées par la crise sanitaire. Elle n’avait pas supporté que son activité soit jugée « non essentielle », selon ses proches.

Alysson avait ouvert son propre salon, début août, alors qu’elle était sans emploi. Mais lorsque la Belgique a été reconfinée, il y a trois semaines, la jeune femme avait dû baisser le rideau. Mais les difficultés s’étaient fait ressentir avant. Après des débuts prometteurs, Alysson avait commencé à voir baisser les prises de rendez-vous ainsi que son chiffre d’affaires, « parce que tout ça fait peur aux gens », avait-elle confié au média belge Karrré. Mi-novembre, la coiffeuse confessait ses difficultés : « je suis dans une situation où ma comptable me demande de fermer après trois mois d’ouverture », ajoutant qu’elle ne pouvait plus subvenir à ses besoins.

« C’est très compliqué moralement »

L’entrepreneuse avait investi 25.000 € pour créer son salon. Obligée de fermer lors du confinement, Alysson assurait « être inéligible aux aides proposées ». « C’est très compliqué moralement », disait-elle le 10 novembre à la chaîne RTL-TVI.

Le drame a provoqué une vive émotion en Belgique, pays durement frappé par le coronavirus, du Premier ministre Alexander De Croo jusqu’au cinéaste Luc Dardenne. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages lui rendent hommage derrière le hashtag #AlyssonJadin. Une fresque à même été réalisée par, Hyer, un artiste local : « C’est un problème politique, les grosses enseignes se goinfrent de bénéfices pendant cette crise tandis que des personnes comme Alysson croulent sous les dettes. Ça me révolte », a déclaré l’auteur sur Facebook.