Un Britannique bloqué en Jamaïque depuis 26 ans après s’être fait confisquer son passeport

BRAS DE FER Le septuagénaire se dit prisonnier d’un « cercle vicieux » après que les autorités lui ont confisqué son passeport à la fin d’un bref séjour en Jamaïque en 1994

20 Minutes avec agence

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Un passeport (photo d'illustration).
Un passeport (photo d'illustration). — Pixabay

Ken Morgan, un Britannique de 70 ans, n’a toujours pas pu rentrer dans son pays après un séjour en Jamaïque en 1994. Originaire de cette île des Caraïbes, il s’y était rendu pour les funérailles d’un proche. Lors du contrôle avant de prendre son vol retour vers le Royaume-Uni, les agents avaient estimé que Ken Morgan n’était pas en règle. Ils lui avaient retiré son passeport pourtant valable.

Depuis plus de 25 ans, le Britannique est administrativement bloqué en Jamaïque, a-t-il raconté à The Guardian. Il a multiplié les recours et les démarches pour faire entendre ses droits, mais en vain. À la suite du scandale Windrush en 2018, il a finalement reçu un visa temporaire lui permettant de retourner dans son pays. Sur place, il a fait une demande de citoyenneté britannique. Sa requête a cependant été refusée près de deux ans plus tard.

Prisonnier d’un « cercle vicieux »

Ken Morgan avait en effet passé plus de 450 jours en dehors du Royaume-Uni pendant la période prise en compte par les autorités. Il s’était aussi trouvé à l’étranger cinq ans avant sa demande, ce que le règlement interdit. C’est justement parce qu’il avait injustement été empêché de retourner dans son pays qu’il ne pouvait remplir les conditions demandées. Le septuagénaire se dit prisonnier d’un « cercle vicieux ».

Après être arrivé au Royaume-Uni en 1960 à l’âge de 10 ans, l’homme avait vécu plus de trente ans dans le pays. Il y avait fait ses études et y travaillait. Coincé en Jamaïque, Ken Morgan a tout d’abord vécu sans ressources dans les rues de Kingston. Il a ensuite créé une société et a suivi une formation de graphiste. Il travaille aujourd’hui à l’université. Les autorités britanniques ont fait savoir qu'« un examen indépendant […] du cas de Monsieur Morgan [était] en cours ».