Tensions avec la Turquie : Jean-Yves Le Drian veut qu’Ankara passe aux actes pour faire baisser la tension

DIPLOMATIE Le Conseil européen de décembre s’annonce clé pour d’éventuelles sanctions contre la Turquie

20 Minutes avec AFP

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Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, sur le pérron de l'Elysée.
Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, sur le pérron de l'Elysée. — PIERRE VILLARD/SIPA

Paris attend « des actes » de la part de la Turquie en amont du Conseil européen de décembre qui abordera la question de nouvelles sanctions contre Ankara, a déclaré ce dimanche le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. « Il ne suffit pas que depuis deux ou trois jours, on constate des déclarations apaisantes de la part du président (Recep Tayyip) Erdogan, il faut des actes », a-t-il souligné dans l’émission Le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, alors que le dirigeant turc a appelé samedi l’Union européenne au dialogue.

Parmi ces actes attendus, « il y en a qui sont simples à faire en Méditerranée orientale, en Libye, il y a aussi qui sont simples à faire au Haut-Karabakh », a-t-il affirmé. « Nous avons beaucoup de désaccords » avec Ankara, a rappelé le chef de la diplomatie française, en citant la « volonté expansionniste » d’Ankara, une « politique du fait accompli » en Libye, en Irak et en Méditerranée orientale, « où ils agressent de fait deux pays membres de l’Union européenne, la Grèce et Chypre », ou encore « au Haut Karabakh, où ils envoient aussi des mercenaires syriens ».

Dispute maritime avec la Grèce

« L’Union européenne a annoncé au mois d’octobre qu’elle vérifierait la posture de la Turquie sur ces différents sujets au moment du Conseil européen de décembre, dans quelques jours. C’est à ce moment-là qu’on va vérifier les engagements », a-t-il conclu. La Turquie a prorogé samedi jusqu’au 29 novembre la mission de l’Oruc Reis, dans une zone maritime qu’elle se dispute avec la Grèce, la découverte de vastes gisements gaziers y aiguisant les appétits. La présence de ce navire suscite depuis plusieurs mois des tensions avec l’UE qui a reconduit ce mois-ci pour un an des sanctions contre Ankara et envisage de les durcir.

Samedi, dans une allocution au congrès de son parti, l’AKP, Recep Tayyip Erdogan a déclaré souhaiter « une coopération plus forte avec nos amis et alliés » européens. « Nous ne nous voyons pas ailleurs qu’en Europe. Nous envisageons de bâtir notre avenir ensemble avec l’Europe », a assuré le dirigeant islamo-conservateur.