Burkina Faso : un Américain tué samedi par les forces de sécurité, la veille de l’élection présidentielle

TENSIONS Une source sécuritaire burkinabée haut placée parle d’un « regrettable accident ». L’information a été confirmée par un membre de l’ambassade américaine à Ouagadougou

20 Minutes avec AFP

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Des militaires burkinabés, en février 2020 (illustration).
Des militaires burkinabés, en février 2020 (illustration). — Cheikh A.T. Sy/AP

Alors que se tient ce dimanche l’élection présidentielle, la tension est à son comble au Burkina Faso. Un citoyen américain a ainsi été tué samedi par des forces de sécurité devant un camp militaire de Ouagadougou, selon des sources concordantes sécuritaire et diplomatique.

« Refus d’obtempérer »

« C’est un regrettable accident […] ce citoyen américain déambulait devant » le camp militaire de Baba Sy, à la périphérie sud de Ouagadougou, et ses « agissements paraissaient suspects », a expliqué une source sécuritaire burkinabée haut placée. « Face à son refus d’obtempérer, suivi d’une tentative de fuite, [les soldats] ont procédé à des tirs de sommation qui l’ont touché aux membres [inférieurs]. Il a aussitôt été évacué vers un centre de santé où il a malheureusement rendu l’âme », a poursuivi cette source. « Nous pouvons confirmer la mort d’un citoyen américain à Ouagadougou », a confirmé une source de l’ambassade américaine au Burkina Faso, sans plus de détails.

La mort de cet américain est intervenue la veille de l’élection présidentielle au Burkina Faso, qui se tient alors que le pays est la proie d’incessantes attaques djihadistes qui ont fait au moins 1.200 morts depuis 2015. La situation est notamment très tendue autour des camps et bases militaires souvent ciblés par les djihadistes en province mais aussi une fois à Ouagadougou. Le 2 mars 2018, des attaques simultanées visant l’état-major des armées dans la capitale et l’ambassade de France ont coûté la vie à huit militaires de l’état-major.

Une partie du territoire privée d’élection

Le nombre de personnes déplacées du fait de ces attaques a augmenté de façon exponentielle en deux ans jusqu’à atteindre le million, soit 5 % de la population, des pans entiers du territoire échappant au contrôle de l’Etat. Ainsi, l’élection ne pourra pas se tenir sur au moins un cinquième du territoire, la crainte d’attaques djihadistes le jour du vote étant dans tous les esprits.